‹ Choix de poésiesChapitre 123 sur 130 · CAÏPHE · texte numérisé non relu

CAÏPHE

On les abuse !

ANNE

Il a les pauvres pour amis Et veut asseoir le pauvre à la place du riche :

Soit... Soit, mais la discorde est un domaine en l'iiche, Le blé qu'on a volé porte du mauvais grain.

CAÏFUE.

Tant que nous sommes là, nous devons mettre un frein Aux désordres qu'on veut exciter dans la foule. Tout s'en va, lois, respects, justice, tout s'écroule, Et pour guérir un peuple on décuple ses maux.

ANNE

On leurre sa faiblesse avec des mots.

JOSEPH d'aRIMATUIE, se levant.

Des mots?

Libre pensée et libre amour !

ANNE, à Joseph, eu ï'avauçaulau milieu du tribunal.

Fermez ce livre !

L'homme ne veut pas lire et savoir, il veut vivre! Vous rêvez le bonheur des masses, nous aussi ! Mais regardez dans l'homme et sachez bien ceci : Le bonheur, c'est la paix ; la paix, c'est l'ignorance-; Élargir les esprits, c'est grandir la souffrance. Laissez dormir le monde à l'ombre de sa loi ! Dormir, pour lui, cest vivre : un sommeil dans la foi 1 Le seul bonheur du peuple humain, c'est l'équilibre; Le peuple humain n'a pas le besoin d'être libre. Ces libertés qu'il prône et quête, il n'en veut rien, Et pourvu qu'il en ait l'illusion, c'est bien!

r A PASSION

CAIPUE.

Un dogme, mélangé de force et de mystère, Dur et ferme, voilà ce qu'il faut à la terre : Ce qu'on lui donne on plus, elle n'en voudra point.

ANNE

L'homme, éternel enfant, ne réclame qu'un poing Sur lequel il pourra s'appuyer dans la marche. Ne traitez pas l'enfant comme le patriarche : Aidez-le, bercez-le; chantez, n'instruisez pas. Jugez ce qu'il lui faut et veillez sur ses pas; Emportez-le vers son bonheur, coûte que coûte : Qu'il aille, sans savoir où conduira la route, Car s'il discute où vous le menez, c'est la fin,

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