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LE VAISSEAU

En rêve, dans un rêve élrange, au temps des rêves, J'ai vogué sur les tluls d'un océan sans grèves.

Les vents étaient sans haine et l'iiiver sans frimas : J'ai rencontré, vers l'aube, un grand vaisseau sans mais.

Énorme et bas, fleuri de fleurs d'or et de palmes, Il croisait lentement au milieu des mers calmes.

Sous l'ennui bleu tlu ciel, au hasard des destins, Il cinglait vers des buts lointains, jamais atteints.

Filant, puis revenant sur son propre sillage, 11 refaisait sans fin son tranquilla voyage.

Le grand vaisseau sans mâts n'allait vers aucun port, Et nul être vivant ne chantait à son bord.

Il avait oublié les labeurs, les orgies,

L'espoir, la guerre, et la douleur des nostalgies.

L AME NUE

Pilote, passagers, mousses et matelots,

Tous dormaient, confiants dans la douceur des flots.

Et la mer les berçait, berçait sur sa clémence. J'ai souhaité dormir dans cette paix immense.

Et j'ui voulu monter sur le vaisseau perdu ; Et j'ai crié vers lui, mais rien n'a répondu.

.lai vu six loltres d"(U' sur sa plaque divoire.

Puis il s'en est allé... « Croire ! » H s'appelait Croire.

LAME NUE

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