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LES HORDES

C'est la Gaule en feu, toute la Gaule ! Or, bleu, rouge et bianc, L'étendard de feu se déploie en sifflant ; Arc au poing et carquois à l'épaule.

Hache sur le liane, Des bouquets de crânes sur la jambe, Les cavaliers nus sont passés!

La Gaule flambe !

— Les morts coml)]entles fossés.

Les Alains, les Quades, les A'andales.

Les Huns et les Goths T'ont dépecé, coq, delà crête aux ergots ! On dirait qu'on a semé les dalles

De coquelicots !

Les enfants sont de la boucherie, Et les vierges sont du fumier.

La Gaule crie :

■ — Heureux qui meurt le premier!

186 l'espoir du monde

Les cités volent en étincelles; Les durs cavaliers Découpent les cœurs au plat des boucliers ; Ils les font macérer sous leurs selles,

Et dans les celliers, Quand le vin des Gaulois est trop pâle, On le rougit avec leur sang !

La Gaule râle !

— Le César reste impuissant.

Rien n'est plus, du peuple et des armées, Rien que des lambeaux Noirs et déchirés par le fer des sabots ; Le ciel morne est gonflé de fumées.

Strié de corbeaux.

Mais le vent du désastre remporte Aëtius comme Attila...

La Gaule est morte !

— Qu'est-ce qui va naître là ?

L ESPOIR DU MONDE

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