SCENE VI Les Mêmes, un Gros Monsieur
Le Gros Monsieur
Eh ! cuisiniers, suis-je un homme qu'on vexe ? Croit-on qu'un orateur qu'on place entre deux feux. Quand il a bien parlé, n'ait pas le ventre creux ? Lorsque j'ai mal dîné, ma voix en est aigrie ; Comme mon estomac, ma conscience crie.
Qui pourra l'apaiser ? Est-ce pour de tels mets Que j'ai de tout Paris bravé les quolibets ; Que, séduit par l'espoir d'un repas aussi mince.
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J'ai trouipé tous les vœux que formait ma province ? Et, sur tant de sujets pour calmer mon effroi, Corbleu, monsieur le chef, des lentilles à moi ! On no i.i'aurait pas fait une pareille injure Dans les obscurs dîners d'une sous -préfecture. Quand, aourrissant l'espoir d'un diner bien complet. J'avais, tvant d'entrer, desserré mon gilet, A de pareils affronts aurais-je dû ni'attendre !
(A M. Deutscourt qui ntU sortir).
Restez, monsieur le chef, restez ! il faut m'entendre '. Quoique maivais chrétien, par l'odeur excité,
(Tcut essoufflé.) J'avais dit lautement mon Benedicite, Et ces dîners encor qu'aidé de ses complices. Monseigneur, lautre jour, rogna de deux services !... N'est-ce pas ctiu^jiirer contre notre estomac ? Nous avons trcp longtemps supporté ce micmac ; De sorte que, jour prix d'un généreiix courage. Nous nous voyais réduits à trois, pour tout potage. Les choses désonnais n'en iront point ainsi ; Et, poiu: n'y phs rentrer, je m'arrache d'ici, n est encor des gens non séduits par le ventre. Peu nombreux, i est vrai, mais placés loin du centre... Je m'en vais dan un coin prendre place avec eux. On y dîne un pei moins, mais on y parle mieux '
[Il sort.)