SCENE II
M. Roger, seul
Ce qu'il dit n'est pas fort de mon goût ; Ce monsieur Raynouard n'est pas poli du tout ;
Pourtant, en le voyant servir la bonne cause,
J'avais bien cru pouvoir en faire quelque chose.
Cela se conçoit-il ? Venir me faire affront,
A moi, qui lui payai le passage du pont.
Sur lequel, comme on sait, malgré ses simagrées.
Il n'avait pu jamais obtenir ses entrées !
Malhonnête !... On s'étonne à de pareils effets;
Croyez donc maintenant au pouvoir des bienfaits !...
Cependant, ce qu'il dit n'est que trop véritable.
Et de notre crédit l'état est pitoyable ;
La pauvre Académie, autant que je le voi.
De faiblesse, bientôt, expirerait sans moi ;
Les ris, les quolibets lui pleuvcnt. Dieu sait comme !
Elle maigrit sans cesse, et moi... je cherche un homme !
Un homme '.... où le trouver ? tout le monde me fuit ;
Dès qu'on me voit paraître on s'esquive sans bruit.
C'est comme l'autre jour... je m'en vais au parterre...