‹ Choix de poésiesChapitre 49 sur 55 · LE VAISSEAU FANTÔME · texte numérisé non relu

LE VAISSEAU FANTÔME

Il était un petit navire, Où Ugolin mena ses fils, Sous prétexte, le vieux vampire !

De les fair' voyager gratis.

Au bout de cinq à six semaines, Les vivres vinrent à manquer, Il dit : « Vous mettez pas en peine ; « Mes fils n'm'ont jamais dégoûté ! »

On tira z'a la courte paille.

Formalité ! raffinement !

Car cet homme, il n'avait d'entrailles Qu'pour en calmer les tiraill'ments,

Et donc, stoïque et légendaire,

Ugolin mangea ses enfants.

Afin d'ieur conserver un père . . .

Oh ! quand j'y song', mon cœur se fend !

Si cette histoire vous embête.

C'est que vous êtes un sans-cœur !

Ah ! j'ai du cœur par-d'ssus la tête,

Oh ! rien partout que rir's moqueurs ! . . .

120 fULES LAFORGUE

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