OEuv^es de Bossuet, t. VI, p
100 SUR LA TROVIDENCE.
Prince; et l'abbé Vaillant a pensiW qu'un sermon proche à Dijon devant le prince de Condé et à l'époque d'un jubile', devait avoir été prOché en 160S.
Si plausible que fût ce système, M. Floquet n'a pas pu l'admettre 3; et, d'abord, un examen plus attentif du texte lui a permis de relever dans le compliment adressé à ce grand personnage que le manuscrit ne nomme pas, un certain nombre d'expressions qui, si ce personnage avait été le prince de Condé, manqueraient ou de précision ou de justesse, et démentiraient par conséquent d'une façon trop sensible tout ce que l'on sait du tour d'esprit de Bossuct et des habitudes de son langage. Au contraire, il est facile de reconnaître, en lisant le commentaire très-instructif de l'hislorien de Bossuet, que chacune des expressions de l'orateur rendait sa pensée avec la dernière exactitude, lorsqu'il les adressait au duc Bernard d'Épernon, qui fut, lui aussi, gouverneur de Bourgogne, en un temps où le prince de Condé servait dans les armées espagnoles, et qui fit à Dijon, le 8 mai 16u0, l'entrée solennelle que le prédicateur annonce pour le lendemain. Comme il y eut aussi un jubilé en 1 056 * et que le 7 mai, veille de l'entrée du duc dÉpernon, répond précisément à ce troisième dimanche après Pûques, auquel renvoie l'indication formelle du manuscrit, la conclusion de M. Floquet paraît aussi décisive qu'elle était nouvelle.
Il était, du reste, bien difficile de croire, en étudiant les deux manuscrits et les deux discours, que le Mundus gaudebit fût postérieur au Fili, recordare. On les lira l'un après l'autre dans cette édition, où je les ai réunis, malgré la diflérence des dates, pour rendre la comparaison plus facile, et l'on verra aisément quel est celui qui poite les signes de la maturité'^.
Je n'ai eu que peu de fautes à relever dans le corps du dis-