‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 12 sur 460 · XIV AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

XIV AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR

toute restitution par conjecture. Lorsque j'ai dû insérer dans le texte un mot qui ne se trouve pas dans le manuscrit, quel que soit ce mot, je Tai mis entre des crochets. S'il remplace un autre mot échappé à la plume de Bossuet par un défaut de mémoire ou par une évidente inadvertance, j'ai tenu à indiquer en note la version du manuscrit. Quelquefois ces minuties m'ont semblé à moi-même inutiles et importunes. Mais il fallait couper court à toute incertitude sur la valeur d'une reproduction qui doit être scrupuleusement fidèle, alors même que, par exception, elle cesserait d'être servilement littérale.

J'ai donné à part, entre le corps du discours et les notes les Variantes du texte, de telle façon qu'on puisse aisément y recourir ou les négliger. Il est bon qu'on sache précisément quelle est la nature de ces variantes et ce qui en fait l'intérêt. Bossuet n'approuvait pas la méthode d'apprendre un discours par cœur et de le réciter en chaire mot pour mot. 11 entendait bien parler lui-même non de souvenir, mais d'inspiration, et ce qu'il écrivait avait seulement pour objet de le rendre plus maître de sa pensée et des termes propres à l'exprimer. Se présentait-il à son esprit plusieurs façons de rendre la même idée ? Quelquefois il rejetait celles qui s'étaient présentées d'abord, parce qu'il lesjugeait insuffisantes. Souvent, et bien qu'il préférât l'une ou l'autre, il les gardait sans en effacer aucune, mettant ainsi en réserve un choix de synonymes qui pouvait servir la liberté de l'improvisation.

La comparaison de ces variantes peut devenir une étude de langue ou de style. Je les ai reproduites avec soin comme le texte, mais sans avertir des différences

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qu'on relèvera peut-être aussi sous ce rapport entre mon édition et les éditions antérieures; il me suffira d'en donner ici Texplication. Ni Déforis, ni M. Lâchât ne paraissent avoir sur ce point des idées bien arrêtées. Quelquefois, ils conservent à titre de variantes des expressions que Bossuet a condamnées : c'est aller trop loin. Parmi les expressions que Bossuet conserve, ils font à leur gré la part du texte et celle des notes : Déforis, mis en demeure de choisir entre deux rédactions différentes, n'en a pas toujours le courage, il garde Tune et l'autre; M. Lachat choisit au hasard. Il m'a semblé juste de donner la préférence à l'expression qui s'est trouvée la dernière sous la plume de l'orateur. Aurait-il pris la peine de l'écrire s'il avait jugé meilleure une des autres? J'ai donc invariablement écarté celles-ci, qu'on trouvera dans les notes, rangées, lorsqu'il y en a plus d'une, dans un ordre analogue, en remontant de la plus récente à la plus ancienne.

Les longues variantes imprimées à la suite de quelques discours ne sont pas non plus sans intérêt. Les unes servent à expliquer les méprises des éditeurs et donnent la clef des interpolations qui font la principale différence du texte qu'ils ont donné avec celui que j'imprime. D'autres nous font suivre tous les progrès du travail de Bossuet ; à le voir faire, il semble qu'on apprenne de lui familièrement quelques-uns des secrets de Fart de penser, de composer et d'écrire. Ces Compléments ne sont pas faits pour être lus plus d'une fois, ni par tout le monde ; et je suis d'avis qu'il ne faudrait pas les conserver tout entiers, ni surtout les multiplier dans une édition complète des sermons de Bossuet. Ils auraient un double in-

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