‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 13 sur 460 · XVI AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

XVI AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR

convénient : d'abord celui d'allonger outre mesure un recueil déjà très-long ; puis l'inconvénient plus grave de rappeler trop souvent, et quelquefois hors de propos, que les sermons de Bossuet sont de pures esquisses ou des compositions inachevées.

Toutefois, s'il paraît nécessaire qu'une éditiondéfinitive, faite pour des gens du monde et pour des écoliers plutôt que pour le petit nombre des esprits critiques, laisse oublier la confusion des manuscrits, il ne sera pas inutile qu'on puisse, à l'occasion, et pour quelques-uns de ces discours de Bossuet, se faire une idée exacte de la façon dont il les a écrits et de la forme sous laquelle ils nous sont parvenus.

Que les scrupuleux se rassurent : Bossuet n'est pas de ceux qui puissent craindre qu'on les surprenne dans le silence du cabinet, et qu'on suive à la dérobée, sur un brouillon qu'ils ne montraient pas, les incertitudes et les progrès laborieux de leur pensée. Peu d'écrivains, je le sais, même parmi les plus illustres, sortiraient à leur honneur d'une telle épreuve. Chez les uns, on serait surpris de la sécheresse du premier trait: l'ébauche d'une œuvre puissante semblait trahir ou la médiocrité du génie ou l'indigence de l'inspiration. Ailleurs, dans le travail qui doûne à l'esquisse une forme achevée, que d'inégalités ! que de tâtonnements ! Là, c'est un goût trop raffiné qui veut sortir à tout prix du naturel; ici, un insatiable désir de plaire qui sacrifie à des effets étudiés la sincérité de la pensée et la simplicité de l'expression.

Dans les manuscrits des sermons, on est tour à tour frappé de trois choses qui mettent Bossuet hors de pair: d'abord la fécondité naturelle de son génie, qui semble

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