Eccl.f III
Ces excellents principes étant établis, je ne me contente plus de vous dire que ce que Dieu tarde à punir les crimes, ce qu'il les laisse souvent prospérer, n'a rien de contraire à sa providence; je passe outre maintenant et je dis que c'est un effet visible de sa providence: car la sagesse ne consiste pas à faire les choses promptement, mais à les faire dans le temps qu'il faut. Cette sagesse profonde de Dieu ne se gouverne pas par les préjugés ni par les fantaisies des enfants des hommes, mais selon l'ordre immuable (a) des temps et des lieux, qu'elle a éternellement (è) disposé. « C'est pourquoi, ditTertullien, € (voici des paroles précieuses), Dieu ayant remis le ju- « gement à la fin des siècles, il ne précipite pas lediscer- « nement, qui en est une condition nécessaire. ' » <3wî semel œternum judicium destinavit post sœculi finem^ non prœcipitat discretionem, quœest conditio judicii ante sœculi finem. ^quo.lis est, intérim, super omne hominwn genus, et indulgenSy et increpans; communia voluit esse et commoda profanis et incommoda suis^. Remarquez cette excellente parole: il ne précipite pas le discernement. Précipiter les affaires, c'est le propre de la faiblesse, qui est contrainte de s'empresser dans l'exécution de ses desseins, parce qu'elle dépend des occasions, et que ces occasions sont certains moments dont la fuite précipitée cause aussi de la précipitation à ceux qui les cherchent. Mais Dieu, qui est l'arbitre de tous les temps, qui sait que rien ne peut échapper ses mains, il ne précipite pas ses con-
Var. (a) Certain. — {b) Immuablemenl... pour l'éternité.
1 . Déforis continue : En otleudnnt, il se montre étjahment à tous miséricordieux et sévère, et il a voulu que les ctrmujcrs eussent part aux biens, et que les siens eussent aussi part aux maux. C'est la traduction des trois lignes que Cossuel va transcrire encore, mais sans en tenir compte. On serait plus tenté de les retrancher que de les traduire. Cf., p. 144.