Apolog
seils (a); jamais il ne prévient le temps résolu, il r.e s'impatiente pas : il se rit des prospérités de ses ennemis; « parce que, dit le roi-propliète, il sait bien où il les « attend : il voit de loin le jour qu'il leur a marqué pour « en prendre une rigoureuse vengeance, » quoniam prospicit quod veniet dies ejus^. Mais [b], en attendant ce grand jour, voyez comme il distribue les biens et les maux avec une équité merveilleuse, tirée de la nature même des uns et des autres.
Je distingue deux sortes de biens et de maux. 11 y a les biens et les maux mêlés, qui dépendent de l'usage que nous en faisons. Par exemple, la maladie est un mal qui peut tourner en bien par la patience, comme la santé est un bien qui peut dégénérer [c] en mal, en favorisant la débauche : c'est ce que j'appelle les biens et les maux mêlés, qui participent de la nature du bien et du mal, selon l'usage où on les applique. Mais il y a outre cela le bien souverain, qui jamais ne peut être mal, comme la félicité éternelle; et^ il y a aussi certains maux extrêmes, qui ne peuvent tourner en bien à ceux qui les souffrent, comme les supplices des réprouvés. Cette distinction [d] étant supposée, je dis que ces biens et ces maux suprêmes, si je puis parler de la sorte, appartiennent au discernement général, où les bons seront séparés pour jamais de la société des impies ; et que ces biens et ces maux mêlés se distribuent avec équité dans le mélange des choses présentes.
Car il fallait que la Providence destinât certains biens aux justes, où les méchants n'eussent point de part; et
Var. (a) Ouvrage. — (6) Mais voyez comme, en attendant cette deruîère journée, Dieu — (r) Être changé.— (d) Division.
i. Ps., XXXVI, 13.