Omis par Déf. et Vers
de même qu elle préparât aux méchants des peines, dont les bons ne fussent jamais tourmentés. De là vient ce discernement éternel qui se fera dans le jugement. Et, avant ce temps limité, tout ce qu'il y a de biens et de maux devait être commun aux uns et aux autres, c'està-dire à l'impie aussi bien qu'au juste; parce que les élus et les réprouvés étant en quelque faç(m confondus durant tout le cours de ce siècle, la justice et la miséricorde divine sont aussi par conséquent tempérées. C'est ce qui fait dire au prophète que « le calice qui est dans « les mains de Dieu est plein de vin pur et de vin mêlé, « calix in manu Domini [vinimeri plenus mixto^]. » Ce passage est très-remarquable, et nous y yoyons bien représentée toute l'économie de la Providence. Il y a premièrement le «vin pur, » c'est-à-dire la joie céleste, qui n'est altérée par aucun mélange de mal : c'est une joie toute pure, vini meri. Il y a aussi le mélange; et c'est ce que ce siècle doit boire, ainsi que nous l'avons expliqué, parce qu'il n'y a que des biens et des maux mêlés, jAenus iiiixto. Et enfin il y a la lie, Fœx ejus non est exinanita; et c'est ce que boiront les pécheurs, bibent omnes [peccatores*]. Ces pécheurs surpris dans leurs crimes, ces pécheurs éternellement séparés des ustes, ils boiront toute la lie, toute l'amertume de la vengeance divine.
Tremblez, tremblez, pécheurs endurcis, devant la colère (a) qui vous poursuit : car si dans le mélange du siècle présent, où Dieu en s'irritant se modère, où sa justice est toujours mêlée de miséricorde, où il frappe d'un bras qui se retient, nous ne pouvons quelquefois suppor ter ses coups, où en serez-vous, misérables, si vous êtes
Var. [a) Vengeance.