‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 14 sur 460 · AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR. XVII · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR. XVII

le dispenser de tout effort; les faits et 'es arguments s'offrent d'eux-mêmes à l'esprit, les mots se pressent sur les lèvres ; dès que l'orateur paraît, il n'a pour surpasser les autres qu'à suivre l'élan qui l'emporte ; pour se surpasser lui-même, il n'aura qu'à laisser les années modérer cette sève qui monte et déborde avec l'exubérance de la jeunesse.

Mais Bossuet ne connaît pas l'ivresse des succès faciles; au moment même où l'admiration des autres éclate, il se recueille et s'interroge ; aucun des discours que l'on vient d'applaudir ne trouve grâce à ses yeux : il refait le sermon sur la Providence^ le sermon sur rHonneur du Monde^ le sermon sur la Parole de Dieu; il refera les sermons sur V Ambition, sur la Charité fraternelle. Il pousse la sévérité pour lui-même à ce point qu'on se récrie, et que les éditeurs cèdent à la tentation de maintenir dans son texte et de lui rendre, pour ainsi dire, ce qu'il avait sacrifié. Dans le sermon sur r Impénitence finale, il traçait une peinture du Jugement. «Ah ! s'écrie-t-il, que vous « jetterez de cris superflus ! Ah ! que vous soupirerez « amèrement après tant d'années perdues ! Vainement, « inutilement ; il n'y a plus de temps pour vous ; vous « êtes au séjour de l'éternité. Voyez quil ny a plus deso- « leil visible qui commence et qui finisse lesjours, lessaisons, « les années. Rien ne finit en cette contrée; c'est le Seigneur « lui-même qui commence de mesurer toutes choses par sa pro- « pre infinité.y) Bossuet refait ce morceau, etnéglige de reprendre cette vive et saisissante image de la contrée où le soleil ne compte plus les années, et où l'infini est la mesure de toutes choses. Dans le sermon sur la Mort, il disait : « Je suis emporté si rapidement quil me semble que

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