Déf. Vers, : est
de ces appétits de malade, qui naissent de la faiblesse de notre raison et de la mortalité qui nous environne. N'estce pas un appétit de malade que cet amour désordonné des richesses, qui nous fait mépriser les biens éternels? n'est-ce pas un appétit de malade, que de courir après les plaisirs, et de négliger en nous la partie céleste pour satisfaire la partie mortelle? Et parce qu'il naît en nous une infinité de ces appétits de malade, de là vient que nous lisons dans les saintes lettres : que Dieu se venge souvent de ses ennemis en satisfaisant leurs désirs. Étrange manière de se venger, mais qui de toutes est la plus terrible.
C'est ainsi qu'il traita les Israélites qui murmuraient au désert contre sa bonté. « Qui est-ce, disait ce peuple « brutal, qui nous donnera de la chair? nous ne pou- « vous plus souffrir cette manne ^ » Dieu les exauça en sa fureur; et leur donnant les viandes qu'ils demandaient, sa colère en même temps s'éleva contre eux. C'est ainsi que, pour punir les plus grands pécheurs, nous apprenons du divin apôtre ^ qu'il les livre à leurs propres désirs; comme s'il disait: Il les livre entre les mains des bourreaux, ou de leurs plus cruels ennemis. Que s'il est ainsi, chrétiens, comme l'expérience nous l'apprend assez, que nous nourrissons en nous-mêmes [a] tant de désirs qui nous sont nuisibles et pernicieux : donc c'est un effet de miséricorde, de nous contrarier souvent dans nos appétits , d'appauvrir nos convoitises, qui sont infinies, en leur refusant ce qu'elles demandent; et le vrai remède de nos maladies^ c'est de contenir nos affections déréglées par une discipline forte et vigoureuse, et non
Var. (a) Nous nous nourrissons,