Le Civil, Dei, lib. ï, ci p. x
ces richesses pouvaient être plus utilement employées ; et qu'enfin il n'a rien sauvé de tous ses grands biens, que ce qu'il a mis en sûreté dans le ciel, l'y faisant passer par les mains des pauvres , il ouvrira les yeux aux biens éternels qu'il commençait déjà d'oublier. Ainsi ce petit mal guérira Jes grands, et sa blessure sera son salut.
Mais si Dieu laisse à ses serviteurs quelque possession des biens de la terre, ce qu'il peut faire de meilleur pour eux, c'est de leur en donner du dégoût, de répandre mille amertumes secrètes sur tous les plaisirs qui les environnent, de ne leur permettre jamais de s'y reposer, de secouer et d'abattre cette fleur du monde qui leur rit trop agréablement; de leur faire naître des difficultés, de peur que cet exil ne leur plaise et qu'ils ne le prennent pour la patrie; de piquer leur cœur jusqu'au vif, pour leur faire sentir la misère de ce pèlerinage laborieux et exciter leurs affections endormies à la jouissance des biens véritables. C'est ainsi quil vous faut traiter, 6 enfants de Dieu, jusqu'à ce que votre santé soit parfaite, vos autem\ Cette convoitise qui vous rend malades demande nécessairement cette médecine. Il importe que vous ayez des maux à souffrir, tant que vous en aurez à corriger; il importe que vous ayez des maux à souffrir, tant que vous serez au milieu des biens où il est dangereux de se plaire trop. Si ces remèdes vous semblent durs, « ils « excusent, dit TerluUien, le mal qu'ils vous font, par « l'utilité qu'ils vous apportent, » emolumento curationis offensam sut excusant ^.
Mais admirez la bonté de notre Sauveur, qui, de peur que vous soyez accablés, vous donne de quoi vous mettre