Ibid
port assuré parmi toutes les tempêtes de cette vie. C'est pourquoi l'Apôtre l'appelle notre ancre ^ : et de même que l'ancre empêche que la^ navire ne soit emportée, et, quoiqu'elle soit au milieu des ondes, elle l'établit sur la terre, lui faisant en quelque sorte rencontrer un port entre (a) * les vagues dont elle est battue : ainsi quoique nous flottions encore ici-bas, l'espérance, qui est l'ancre de notre âme, nous donnera de la consistance, si nous la savons jeter dans le ciel.
Donc, ô justes {b), consolez-vous dans toutes les disgrâces qui vous arrivent ; et quand la terre tremblerait usqu'aux fondements, quand le ciel se mêlerait (c) avec les enfers, quand toute la nature serait renversée, que votre espérance demeure ferme : le ciel et la terre passeront, mais la parole de celui qui a dit que notre tristesse sera changée en joie sera éternellement immuable ; et quelque fléau qui tombe sur vous, ne croyez jamais que Dieu vous oublie. « Le Seigneur sait ceux qui sont à lui*; » et « son œil veille toujours sur les justes*. » Quoiqu'ils soient mêlés avec les impies, désolés par les mêmes guerres, emportés par les mêmes pestes, battus enlin des mêmes tempêtes. Dieu sait bien démêler les siens de cette confusion générale. Le même feu fait reluire l'or et fumer la paille; « le même mouvement, dit saint Augustin^, fait « exhaler la puanteur de la boue et la bonne senteur des « parfums ; » et le vin n'est pas confondu avec le marc,
Var. [a) Parmi. — {b) Fidèles. — (c) Se confondrait.