‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 15 sur 460 · XVIII AVERTISSEMENT DE L"EDITEUR · texte numérisé non relu

XVIII AVERTISSEMENT DE L"EDITEUR

« tout me fuit et que tout m échappe. Tout fuit en effets « messieurs^ et pendant que nous sommes ici assemblés et que « nous croyons être immobiles^ chacun avance son chemin, « chacun s'éloigne^ sans y penser^ de son plus proche voisin, « parce que chacun marche insensiblement à la dernière sépaa ration. » Ce beau passage a été barré sans pitié. On est d'abord surpris de telles rigueurs : en cherche-t-on les motifs? Ce sont des scrupules où la conscience du prédicateur a sa part comme le discernement de Técrivain ; à mesure qu'il avance dans sa carrière, il se fait une idée plus juste de la perfection, une idée plus haute de ses devoirs. Un goût plus sur efface les dernières imperfections qui déparaient son discours; un sentiment plus délicat des obligations attachées à son ministère sacrifie les ornements qui ne faisaient honneur qu'à la parole et ne servaient qu'à la gloire de l'orateur.

Ces longs efforts pour «enseigner saintement et fidèlement la vérité» portent leurs fruits ; et bientôt, parmi ces discours que Bossuet jette sur le papier, avant de monter en chaire, il en est plusieurs auxquels rien ne manque pourobtenir tous les suffrages. Voici la dernière surprise: c'estque Bossuet n'a pas montré plus de sollicitude pour ceux-là que pour les autres- Chacun des sermons qu'il prononçait en chaire était une des actions sérieuses de sa vie ; il ne négligeaitrien pour que sa parole fût eificace, maisil ne ladestinaitqu'àceux qui l'ont entendue. C'était àeux d'en profiter ; et alors le devoir de l'orateur était rempli : il aurait craint de céder à une ambition toute profane s'il avait songé à en perpétuer le souvenir. Quelques instants auraient suffi pour mettre à ces discours la dernière main, Bossuet ne l'a pas fait. Lorsqu'il eut cessé d'y recourir pour

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