‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 142 sur 460 · Il'id · texte numérisé non relu

Il'id

et qui, enfermant dans son ordre l'instabilité des choses humaines, ne dispose pas avec moins d'égards les accidents inégaux qui mêlent (a) la vie des particuliers, que ces grands et mémorables événements qui décident de la fortune des empires.

Grand et admirable sujet, et digne de l'attention de la cour la plus auguste du monde ! Prêtez l'oreille, ô mortels, et apprenez de votre Dieu même les secrets par lesquels il vous gouverne; car c'est lui qui vous enseignera dans cette chaire, et je n'entreprends aujourd'hui d'expliquer ses conseils profonds, qu'autant que je serai éclairé par ses oracles infaillibles.

Mais il nous importe peu^ chrétiens, de connaître par quelle sagesse nous sommes régis , si nous n'apprenons aussi à nous conformer à l'ordre de ses conseils. S'il y a de l'art à gouverner ', il y en a aussi à bien obéir. Dieu donne son esprit de sagesse aux Princes^ pour savoir conduire les peuples, et il donne aux peuples l'inteUigence pour être capables d'être dirigés par ordre (è); c'est-à dire qu'outre la science maîtresse par laquelle le Prince commande, il y a une autre science subalterne qui enseigne aussi aux sujets à se rendre dignes instruments de la conduite supérieure ; et c'est le rapport de ces deux sciences qui entretient le corps d'un État par la correspondance du chef et des membres.

Pour établir ce rapport dans l'empire de notre Dieu, lâchons de faire aujourd'hui deux choses. Premièrement, chrétiens, quelque étrange confusion, quelque désordre même ou quelque injustice qui paraisse dans les affaires humaines, quoique tout y semble emporté par l'aveugle

Var. (a) Troublent. — [b] Pour savoir se laisser conduire par ordre.

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