‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 148 sur 460 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

complet. C'est ce qui a fait dire à Tertullien ces excellentes paroles : « Dieu, dit-il, ayant remis le jugement à « la fin des siècles, il ne précipite pas le discernement, « qui en est une condition nécessaire, et il se montre ' « presque égal en attendant sur toute la nature hu- « maine. » Quienimsemelœteimumjudiciumdestinavitpost sœculi finem, non prœcipitat discretionem ^. N'avez-vous pas remarqué cette parole admirable : Dieu ne précipite pas le discernement? Précipiter les affaires, c'est le propre de la faiblesse, qui est contrainte de s'empresser dans l'exécution de ses desseins, parce qu'elle dépend des occasions et que ces occasions sont certains moments dont la fuite soudaine cause une nécessaire précipitation à ceux qui sont obligés de s'y attacher. Mais Dieu, qui estl'arbitre de tous les temps, qui, du centre de son éternité, développe tout l'ordre des siècles, qui connaît sa toute-puissance, et qui sait que rien ne peut échapper ses mains souveraines, ah I il ne précipite pas ses conseils. Il sait que la sagesse ne consiste pas à faire toujours les choses promptement, mais à les faire dans le temps qu'il faut. Il laisse censurer ses desseins aux fols^ et aux téméraires, mais il ne trouve pas à propos d'en avancer l'exécution pour les murmures des hommes. Ce lui est assez, chrétiens (a), que ses amis et ses serviteurs regardent de loin venir son jour avec humilité et tremblement: pour les autres, il sait où il les attend; et(^) le jour est marqué pour les [c] punir* : quoniam prospicit

Var. (a) Il se contente que... — [b) Et il ne s'émeut pas de leurs reproches. — (c) Pour les confondre.

1. Ici, les éditeurs intervertissent la traduction et le texte, et confî^rvent des lambeaux de la première rédaction, que j'ai rejcléeau Complément des Variantes» B.

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