Rom., VIII
mission, et il honore la miséricorde qui lui lait du bien, en le répandant sur les misérables. S'il est dans l'adversité, il songe que u l'épreuve produit l'espérance^, » que la guerre se fait pour la paix, et que si sa vertu combat, elle sera un jour couronnée. Jamais il ne désespère, parce qu'il n'est jamais sans ressource. Il croit toujours entendre le Sauveur Jésus qui lui grave dans le fond du cœur ces belles paroles: « Ne craignez pas-, petit trou- « peau, parce qu il a plu à votre Père de vous donner « un royaume ^, » Ainsi, à quelque extrémité qu'il soit réduit, jamais on n'entendra de sa bouche ces paroles infidèles, qu'il a perdu tout son bien ; car peut-il désespérer de sa fortune, lui à qui il reste encore un royaume entier, et un royaume qui n'est autre que celui de Dieu? quelle force le peut abattre, étant toujours soutenu par une si belle espérance?
Voilà quel il est en lui-même. Il ne sait pas moins profiter de ce qui se passe dans les autres. Tout le confond et tout l'édifie tout l'étonné et tout l'encourage. Tout le fait rentrer en lui-même, autant les coups de grâce que les coups de rigueur et de justice; autant la chute des uns que la persévérance des autres; autant les exemples de faiblesse que les exemples de force ; autant la patience de Dieu que sa justice exemplaire. Car s'il lance son tonnerre sur les criminels, le juste, dit saint Augustin*, vient laver ses mains dans leur sang; c'est-à-dire, qu'il se purifie par la crainte d'un pareil supplice. S'ils prospèrent visiblement, et que leur bonne fortune semble faire rougir sur la terre l'espérance d'un homme de bien, il regarde le revers de la main de Dieu, et il entend avec