‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 155 sur 460 · In Ps., Lvii, n · texte numérisé non relu

In Ps., Lvii, n

foi comme une voix céleste qui dit aux méchants fortunés qui méprisent le juste opprimé: 0 herbe terrestre, ô herbe rampante, oses-tu bien te comparer à l'arbre fruitier pendant la rigueur de l'hiver, sous prétexte qu'il a perdu sa verdure et que tu conserves la tienne durant cette froide saison ? Viendra le temps de l'été, viendra l'ardeur du grand jugement, qui te desséchera jusqu'à la racine, et fera germer les fruits immortels des arbres que la patience aura cultivés. Telles sont les saintes pensées qu'inspire la foi de la Providence.

Chrétiens, méditons ces choses : et certes elles méritent d'être méditées. Ne nous arrêtons pas à la fortune ni à ses pompes trompeuses. Cet état que nous voyons aura son retour; tout cet ordre que nous admirons sera renversé. Que servira, chrétiens, d'avoir vécu dans l'autorité, dans les délices, dans l'abondance, si cependant Abraham nous dit : Mon hls, tu as reçu du bien en ta vie, maintenant les choses vont être changées? Nulles marques de cette grandeur, nul reste de cette puissance. Je me trompe, j'en vois de grands restes et des vestiges sensibles; et quels? C'est le Saint-Esprit qui le dit: « Les « puissants, dit l'oracle de la sagesse, seront tourmentés « puissamment : » Patentes patenter tarmenta patientur ^ C'est-à-dire qu'ils conserveront, s'ils n'y prennent garde, une malheureuse primauté de peines à laquelle ils seront précipités par la primauté de leur gloire, Canfidimus autem de [vabis meliara^]. Ah! encore que je parle ainsi, « j'espère de vous de meilleures choses. » Il y a des puissances saintes : Abraham, qui condamne le mauvais riche, a lui-même été riche et puissant; mais il a sanctifié sa puissance en la rendant humble, modérée, soumise

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