‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 163 sur 460 · De div. etpaup. Hom. xi · texte numérisé non relu

De div. etpaup. Hom. xi

16fi SUR L'EMINENTE DIGNITE

tomberait enfin par elle-même, ruinée par son opulence. Au contraire, dans l'autre ville où il n'y aurait que des pauvres, la nécessité industrieuse, féconde en inventions et mère des arts profitables, appliquerait les esprits par le besoin, les aiguiserait par l'étude, leur inspirerait une vigueur mâle par l'exercice de la patience; et n'épargnant pas les sueurs, elle achèverait les grands ouvrages, qui exigent nécessairement un grand travail. C'est à peu près ce que nous dit saint Jean Clirysostome au sujet de ces deux villes différentes. Il se sert de cette idée (a) ^ pour adjuger la préférence à la pauvreté.

Mais à parler des choses véritablement ^ nous savons que la distinction de ces deux villes n'est qu'une fiction agréable. Les villes, qui sont des corps politiques, demandent, aussi bien que les naturels, le tempérament et le mélange : tellement que, selon la police humaine, cette ville de pauvres de saint Clirysostome ne peut subsister qu'en idée. Il n'appartenait qu'au Sauveur et à la politique du ciel de nous bâtir une ville qui fût véritablement la ville des pauvres : cette ville, c'est la sainte Église; et si vous me demandez, chrétiens, pourquoi je l'appelle la ville des pauvres, je vous en dirai la raison par cette proposition que j'avance : que l'Église dans son premier plan n'a été bâtie que pour les pauvres, et qu'ils sont les véritables citoyens de cette bienheureuse cité, que l'Écriture a nommée la cité de Dieu. Encore que cette doctrine vous paraisse peut-être un peu extraordinaire, elle ne laisse pas d'être véritable; et afin de vous en convaincre, remarquez, s'il vous plaît, messieurs,

Var. (a) Pensée. |

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