‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 171 sur 460 · Saliian. adv. Avar., lib. IV, n · texte numérisé non relu

Saliian. adv. Avar., lib. IV, n

pauvres membres qui l'obligent de se relâcher en faveur des riches.

Il ne voudrait voir dans son Église que ceux qui por« lent sa marque, que des pauvres, que des indigents, que des affligés, que des misérables. Mais s'il n'y a que des malheureux, qui soulagera les malheureux? que deviendront les pauvres dans lesquels il souffre, et dont il ressent tous les besoins? Il pourrait leur envoyer ses saints anges; mais il est plus juste qu'ils soient assistés par des hommes qui sont leurs semblables. Venez donc, ô riches! dans son Église; la porte enhn vous en est ouverte: mais elle vous est ouverte en faveur des pauvres, et à condition de les servir. C'est pour l'amour de ses enfants qu'il permet l'entrée à ces étrangers. Voyez le miracle de la pauvreté : les riches ' étaient étrangers; mais le service des pauvres les naturalise, et leur sert à expier la contagion qu'ils contractent parmi leurs richesses. Par conséquent, ô riches du siècle t prenez tant qu'il vous plaira des titres superbes ; vous les pouvez porter dans le monde : dans l'Église de Jésus-Christ, vous êtes seulement serviteurs des pauvres. Ne vous offensez pas de ce titre : le patriarche Abraham l'a tenu à gloire; lui qui avait tant de serviteurs et une si nombreuse famille ^ prenait néanmoins pour son partage le soin et l'obligation de servir les nécessiteux. Aussitôt qu'ils approchent de sa maison, lui-même s'avance pour les recevoir; luimême va choisir dans son troupeau ce qu'il y a de plus délicat et de plus tendre ; lui-même se donne la peine de servir leur table ^. Ainsi, dit l'éloquent Pierre Chry^ologue, « Abraham, sentant arriver les pauvres, ne se sou-

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