Ed. : ouif les riches
2. Ici se termine (f. 384) la nouvelle rédaction que Dossuet a fui le de la première partie de son sermon. On reprend l'autre ms., f. 387.
d- Gènes., xvui, 2, 8.
^ilS PAIWRES DANS L'ÉGLISE. 175
« vient plus qu'il est maître, » et il fait toutes les fonctions d'un serviteur: Abraham^ viso peregrino, dominum se esse nescivit^. Mais d'où lui vient cet empressement à servir les pauvres? C'est que ce père des croyants voyait déjà en esprit le rang qu'ils devaient tenir dans l'Église : il considère déjà Jésus-Christ en eux; il oublie sa dignité dans la vue de celle des pauvres, et il montre aux riches, par son exemple, l'obligation qu'ils ont de les servir (à). Mais quel service leur devons-nous rendre? en quoi sommes-nous tenus de les assister? Tous le voyez déjà, chrétiens, dans l'exemple du patriarche Abraham. Mais l'admirable saint Augustin vous va donner encore sur ce sujet-là une instruction plus particulière. « Le service « que vous devez aux nécessiteux, c'est de porter avec « eux une partie du fardeau qui les accable^. » L'apôtre saint Paul ordonne aux fidèles de « porter les fardeaux « les uns des autres : » Alter alterius onera portate^. Les pauvres ont leur fardeau, et les riches aussi ont le leur. Les pauvres ont leur fardeau : qui ne le sait pas? Quand nous les voyons suer et gémir, pouvons-nous ne pas reconnaître que tant de misères pressantes sont un fardeau très-pesant, dont leurs épaules sont accablées [b] ? Mais encore que les riches marchent à leur aise et semblent n'avoir rien qui leur pèse, sachez qu'ils ont aussi leur fardeau. Et quel est ce fardeau des riches? chrétiens, le pourrez-vous croire? ce sont leurs propres richesses. Quel [est] le fardeau des pauvres? c'est le besoin. Quel est le fardeau des riches? c'est l'abondance. « Le fardeau « des pauvres, dit saint Augustin, c'est de n'avoir pas
Var. (a) De servir les pauvres. — {b) Chargées, abattues.
1 Serin., cxxi, de Div. et Lazaro.