‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 173 sur 460 · Gal.,\u · texte numérisé non relu

Gal.,\u

« ce qu'il faut ; et le fardeau des riches, c'est d'avoir plus « qu'il ne faut: » Onus paupej^tatis non habere, divitimmm 071US plus [quam optis est] habere^. Quoi donc! est-ce un fardeau incommode que d'avoir trop de biens? Ah! que j'entends de mondains qui désirent un tel fardeau dans le secret de leurs cœurs I Mais qu'ils arrêtent ces désirs inconsidérés. Si les injustes préjugés du siècle les empêchent de concevoir en ce monde combien l'abondance pèse, quand ils viendront en ce pays où il nuira d'être trop riches, quand ils comparaîtront à ce tribunal où il faudra rendre compte non-seulement des talents dispensés, mais encore des talents enfouis, et répondre à ce juge inexorable non-seulement de la dépense, mais encore de l'épargne et du ménage; alors, messieurs, ils reconnaîtront que les richesses sont un grand poids, et ils se repentiront vainement de ne s'en être pas déchargés.

Mais n'attendons pas cette heure fatale, et pendant que le temps le permet (a), pratiquons ce conseil de saint Paul: Aller ait erius onera portate : « Portez vos fardeaux « les uns les autres. » Riches, portez le fardeau du pauvre, soulagez sa nécessité, aidez-le à soutenir les afflictions sous le poids desquelles il gémit : mais sachez qu'en le déchargeant vous travaillez à votre décharge; lorsque vous lui donnez, vous diminuez son fardeau, et il diminue le vôtre; vous portez le besoin qui le presse (6), il porte l'abondance qui vous surcharge. Communiquez entre vous mutuellement vos fardeaux, « alin que les « charges deviennent égales: » ut fiât œqualitas, dit saint PauP. Car quelle injustice, mes frères, que les pau-

VAr.. (a) Maintenant au'il est temps. — (/;) Serre.

Page 1