Jac, II
2. La suite est barrée dans le manuscrit. Mais j'ai voulu aller jusqu'à la lin du premier point.
3. M., f. 188. Commencement du troisième point, première rédaction : Bossuet Ta remplacée sans la barrer. Cf. p. 178 1. 8.
effet le divin Sauveur a promis le royaume aux pauvres, la consolation à ceux qui pleurent, la nourriture à ceux qui ont faim, la joie éternelle à ceux qui souffrent; et je ne m'en étonne pas. Car étant lui-même pauvre et indigent, il était de la bienséance qu'il liât société avec ses semblables et qu'il répandît ses faveurs sur ses compagnons de fortune. Qu'on ne méprise plus la pauvreté. J'avoue qu'elle était dans la lie du peuple et que le monde la traitait de roturière (a), mais le Roi de gloire l'ayant épousée, il l'a anoblie par cette alliance, et il met (6) les pauvres de tous les privilèges de son royaume. Les ricbes par conséquent n'y ont nulle part, et s'ils veulent avoir les grâces, il faut qu'ils les reçoivent par les mains des pauvres. Voulez-vous la rémission des péchés? Le Saint-Esprit vous renvoie aux pauvres : rachetez vos iniquités par aumônes. Voulez-vous la miséricorde ? Vous l'aurez, dit le Fils de Dieu, pourvu que vous la fassiez à mes pauvres : Beati miséricordes. Voulez-vous entrer au royaume? La porte, dit Jésus-Christ, vous sera ouverte pourvu que les pauvres vous introduisent. Faites-vous, dit-il, des amis qui vous reçoivent dans les tabernacles éternels. Ainsi la grâce, la miséricorde, la rémission des péchés, le royaume même est entre leurs mains, et les riches n'y peuvent entrer si les pauvres ne les y reçoivent. Donc, ô pauvres, que vous êtes riches! mais, ô riches, que vous êtes pauvres ! Si vous vous tenez à vos propres biens, vous serez privés pour jamais des biens du Nouveau Testament, et il ne vous restera pour votre partage que ceYœterrible de l'Évangile. Vœ vobis divitibus! «Malheur à vous, riches, car vous avez reçu votre consolation. » Pour éviter ce coup de foudre, pour vous mettre heureusement à couvert de cette malédiction inévitable, jetez-vous sous l'aile de la pauvreté^..
Var. (n) Qu'on ue la traite plus de roturière. — {b) Il gralîQe. 1. La suite comme dans la seconde rédaction, p. 180, 1. 15.
SERMON
POr?. LF. PPEMIE?. DIMAKCHE DE CARfllIE Prêché à Paris dans l'oglisc des Minimes de la place Royale ( TJ fôviicr f ( r;"!/
NOTICE
Nous avons de Bossuet deux sermons sur les Bernons, proches l'un et l'autre le premier dimanche de Carême, mais à quelques années d'intervalle^, ainsi qu'on en peut juger d'après le seul aspect du manuscrit. Le plus ancien ^ paraît avoir ùié écrit à Metz vers lfJo6. L'autre a été prêché aux Minimes de la place Royale pour l'ouverture du Carôme de 1660, le premier que Bossuet ait prêché dans la capitale.
Sur ce point, les preuves abondent: c'est d'abord une indication formelle placée par l'orateur lui-même sur l'enveloppe du sermon 3; puis l'analogie évidente de ce discours pour le format du papier et le caractère de l'écriture avec les autres discours qui appartiennent à la station prêchée aux Minimes ♦ ;
1. Ms., t.XII, f. G1-G8,gr. in-fol. — Déf., t. V, p. 99-1 18: second sermon pour le premier dimanche de car ('me (Cf., Vers., t. XII, t9ô- 220 ; Viv., IX, 19-39). — Voyez mes Éludes critiques^ liv. II, ch. i.
2. Ms.,Xn, 35-59. Ed.: Premier sermon pour le premier dimanche ae carême.
3. L'enveloppe (îtait commune aux deux sermons sur les Démons. MaisTécriture prouve que lanote (Car. 3/in. 1, Ms.,t. XII, f. 35) se rapporte à celui qui nous occupe.