Voyez mes Études critiques, p
SUR LES DEMO^•S. 18T
enfin la péroraison, où Bossuet fait l'allusion la plus directe à la paix des Pyrénées, signée, à la vérité, en 1639, mais qui ne put être solennellement promulguée à Paris que le samedi 14 février de l'année suivante'.
Cette péroraison a été refaite à la dernière heure ; il n'est pas sans intérêt de savoir que Bossuet avait prêché la veille aux Filles nouvelles catholiques, et, ce jour-là même, aux Hommes convertis à la foi, deux très-beaux sermons sur la charité fraternelle et sur l'Église ^, On voit qu'il était alors dans la plénitude de sa force, soutenu et quelquefois emporté par l'ardeur de la jeunesse.
Les premiers éditeurs font au sujet de notre sermon un aveu naïf et qui mérite d'être rapporté : «Ce sermon, disent-ils, est, quant au fond, le même que le précédent : nous eussions bien désiré pouvoir ne faire des deux qu'un seul sermon, en ajoutant au premier ce que le second renferme de plus. Mais, après y avoir travaillé assez longtemps, la difficulté du succès et la crainte de gâter les deux pièces, nous ont déterminés à les donner séparément telles que l'auteur les a produites. » C'est vraiment une heureuse fortune qu'ils n'aient pas réussi à faire autrement. La note se termine par cette observation très-judicieuse: « Quoiqu'elles se ressemblent en bien des choses, elles ont cependant des caractères propres. Les tours y sont souvent trèsdifTérents ; l'un développe ce que l'autre n'a fait quelquefois 5u'ébaucher, et contient des morceaux considérables qui ne se trouvent pas dans le précédent. D'ailleurs on aime à voir comment un écrivain du génie de M. Bossuet sait retoucher sa matière et diversifier ses idées ^. »
La note des Bénédictins aura paru aux éditeurs de Versailles utile, mais trop longue ; en l'abrégeant, ils y ont glissé, sans le vouloir apparemment, une équivoque: « Ce sermon, disentils à leur tour, est au fond le même que le précédent. D. Déforis a tenté, mais sans succès, de les fondre ensemble. Quoiqu'ils
1. Gazette de France; Vaillant, Études, p. 74-77; Floquet, t. IT, p. 39-42.
2. Sermons pour le vendredi, pour le samedi après les Cendres. — Liste des prédicateurs, 1660; Floquet, t. II, p. 62-67.