Uom.., XVII, in Episc. ad Rom., n
tendre son sens et de pénétrer sa pensée*. Car c'est une chose remarquable (a)^ que la pudeur et la modestie ne * s'opposent pas seulement aux actions déslionnétes {b], mais encore à la vaine gloire et à l'amour désordonné des louanges : jugez-en par l'expérience. Une * personne honnête et bien élevée {c] rougit * d'une parole immodeste (rf), un homme sage et modéré rougit * de ses propres louanges (e); en l'une et en l'autre de ces rencontres, la modestie fai t baisser les yeux et monter la rougeur au front ^ Et d'où vient cela, chrétiens, sinon par un sentiment que la 'raison {/) nous inspire, que comme le corps a sa chasteté que l'impudicité corrompt, il y a aussi une certaine intégrité de l'âme qui peut être violée par les louanges^? Toutefois il faut aller encore plus avant, et rechercher jusqu'à l'origine d'où vient à une âme bien née cette honte des louanges. Je dis qu'elle est naturelle à la vertu, et je parle de la vertu chrétienne, car nous n'en connaissons point d'autre en cette chaire. Il est donc de la nature de la vertu d'appréhender les louanges; et si vous pesez attentivement avec quelles précautions le Fils
Var. (a) Pourcela^ je vous prie de considérer. — {b)Ne combattent pas seulement rimpudiciié. (Barré.) — (c) Une fille bien élevée . (Id.) — (rf) Déshonnête. (Id.)^- (e) Des louanges excessives. (Id.) — (/) La nature. (Id.)
i. Ed. : Pour cela, je vous prie de considérer . C'est la variante ou plutôt la première rédaction.
2. Déf. Vers. : on se défend de ces deux attaques par les mômes armes. Soit que vous vous montriez peu retenu dans la poursuite des plaisirs, soit que ce soit dans la recherche des louanrjes, on hlùrne votre impudence. Eiracé par Bossuet, qui efface du même coup, par inadvertance, les cinq premiers mots de la plirase .suivante.
3. Déf. Vers. : Cesi pourquoi la même nature nous donne la pudeur et la modestie pour nous défendre de ces deux corruptions, comme s'il y avait du déshonneur dans l'honneur mCme et de la honte dans les louanges. Ne vous étonnez donc pas, chrétiens, si cette âme avide de louanges, qui les cherche et les mendie de tous côtés^ est appelée par saint Jean Chrjisostome une infâme prostituée : elle mérite bien ce nom, puisqu'elle méprise la modestie et lu pudeur.
de Dieu l'oblige à se cacher, vous n'aurez pas de peine à le comprendre. Attendite ne justitiam vestram faciatis [coram hominibus^ ut videamini ab eis^ : «Prenez bien garde « de ne faire pas vos bonnes œuvres devant les hommes, « pour en être regardés.] Ne va point prier dans les coins « des rues, afin que les hommes te voient ; retire-toi dans « ton cabinet, ferme la porte sur toi, et prie en secret « devant ton Père. j> Intra in cuhiciilum tuwn, et clav.so ostio ora Patrem tuum in abscondito ^. « Ne sonne pas de « la trompette pour donner l'aumône; je ne t'ordonne « pas seulement de la cacher devant les hommes (a); « mais lorsque la droite la distribue, que la gauche, s'il « se peut, ne le sache pas. » Te autem faciente eleemosinaniy nesciat sinistra tua \quid faciat dextera tua ^.]
C'est pourquoi, dit très-bien saint Jean Chrysostome *, toutes les vertus chrétiennes sont un grand mystère. Qu'est-ce à dire? mystère signifie un secret sacré. Autrefois quand on célébrait les divins mystères^ comme il y avait des catéchumènes qui n'étaient pas encore initiés, c'est-à-dire qui n'étaient pas du corps de l'Église, qui n'étaient pas baptisés, on ne leur en parlait que par énigmes : vous le savez, vous qui avez lu les homélies des saints Pères. Ils étaient avec les fidèles, pour entendre la prédication et le commencement des prières. Venait-on aux mystères sacrés, c'est-à-dire à l'action du sacrifice : le diacre mettait dehors les catéchumènes et fermait la porte de l'église. Pourquoi? C'était le mystère. Ainsi des vertus chrétiennes. Voulez-vous [b] prier? fermez votre
Var. [a) Aux hommes. — {b) Veux-tu.