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petits dieux, que nous nous attribuons tout à nousmêmes, que nous tendons naturellement à l'indépendance V Écoutez, en effet, mes frères, en quels termes le Saint-Esprit parle au roi de Tyr, et en sa personne à tous les superbes. Voici ce qu'a dit le Seigneur : « Ton cœur s'est élevé, et tu as dit : Je suis un Dieu : » Elevatum est cor tuum^ et dixisti : Deus ego sum ^. Est-il possible, messieurs, qu'un homme s'oublie jusques à^ ce point, et qu'il dise en lui-même : Je suis un Dieu? Non, cela ne se dit pas si ouvertement : nous voudrions bien le pouvoir dire; mais notre mortalité ne le permet pas. Comment donc disons-nous : je suis un Dieu? Les paroles suivantes nous le font entendre: « C'est, dit-il, que tu as mis ton « cœur comme le cœur d'un Dieu : » Dedisti cor tunrn quasi cor Dei^. Qu'il y a de sens dans cette parole, si nous le pouvions développer t
Tâchons de le taire, et disons que comme Dieu est le principe universel et le centre commun de toutes choses; comme il est, dit un ancien, le trésor de l'être, et possède tout en lui-même dans l'infinité de sa nature, il doit être plein de lui-même, il ne doit penser qu'à lui-même, il ne doit s'occuper que de lui-même. Il vous sied bien, ô roi des siècles I d'avoir ainsi le cœur rempli de vous-même: ô source de toutes choses ! ô centre^ !... Mais le cœur de
1. On lit dans le mannscrit, en liauf de la page (p. 12, f, 184, v»), cette indication sommaire, écrite en Hi65 : « S'^ |)oinl. Représenter comme l'homme vent se remplir de soi-même, s'adorer soi-même, etc., quasi cor Dei [Ezech., xxviii, 3] , se faire un Dieu à soi-même — et ensuite être adort' de tout le monde, applaudi, servi — que ses pensées soient la règle de tous les autres, qu'on en fasse à son mot, [c'està-dire sur sa parole, sur un mot de lui] de toutes choses, nulle contradiction, etc. »