‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 229 sur 460 · Ezcch., XXIX · texte numérisé non relu

Ezcch., XXIX

4. Ici unit le développement que Bossuet 8e proposait de remplacer.

l'honneur du monde nous fait tout attribuer à nousmêmes, et nous érige enfin en de petits dieux.

Eh bien, ô superbe, ô petit dieu! voici, voici le grand Dieu vivant qui s'abaisse pour te confondre. L'homme se fait Dieu par orgueil, Dieu se fait homme par humilité; l'homme s'attribue faussement ce qui est à Dieu, et Dieu, pour lui apprendre à s'humilier, prend véritablement ce qui est à l'homme. Voilà le remède de l'insolence ; voilà la confusion de l'honneur du monde. Je l'ai accusé devant ce Dieu-Homme, devant ce Dieu humilié : vous avez ouï l'accusation, écoutez maintenant la sentence. Il ne la prononcera point par sa parole; c'est assez de le voir, pour juger que l'honneur du monde a perdu sa cause, il condamne le jugement des hommes, nouvelle manière de les condamnera Jésus-Christ ne les condamne qu'en les laissant juger de lui-même: et ayant rendu sur sa personne* le plus inique jugement qui fut jamais, l'excès de cette iniquité a infirmé pour jamais toutes leurs sentences (a). Tout le monde généralement en a mal jugé : c'est-à-dire les grands et les petits, les Juifs et les Romains, le peuple de Dieu et les idolâtres, les savants et les ignorants, les prêtres et le peuple, ses amis et ses ennemis, ses persécuteurs et ses disciples. Tout ce qu'il peut jamais y avoir*d'insensé [b] et d'extravagant, de changeant et de variable, de malicieux* et d'injuste (c), de dépravé et de corrompu, * d'aveugle et de précipité (d) dans les jugements les plus déréglés, Jésus-Christ l'a voulu subir;

Var. (a) Un jugement très-inique^ il a déshonoré et infirmé a jamais toutes leurs sentences. — (^») De fol. — (c) de criminel, — [d) de corrompu dans les jugements.

1. Ed. : Désabusez-vous pour toujours des hommes et de l'estime que vous fv':es de leur jugement, en voyant ce qu'ils ont jugé de Jésus- Chr.st. C est une variante.

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et pour vous désabuser à jamais de toutes les bizarreries de ropinion, ilnes*en est épargné aucune.

Voulez-vous voir, avant toutes choses, la diversité prodigieuse des sentiments? écoutez tous les murmures du peuple dans le seuP chapitre de l'évangile de saint Jean ^. — C'est un prophète, ce n'en est pas un ; c'est un homme de Dieu, c'est un séducteur; c'est le Christ, il est possédé du malin esprit. Qui est cet homme? d'où est-il venu? où a-t-il appris tout ce qu'il nous dit? — Dissensio itaqve facta est w turba prcptvr eum; 0 Jésus I Dieu de paix et de vérité, « il y eut sur votre sujet une grande dissension « parmi le peuple. » Voulez-vous voir la bizarrerie qui ne se contente de rien ? Jean-Baptiste est venu, retiré du monde, menant une vie rigoureuse, et on a dit : « C'est a un démoniaque^: » Le Fils de l'homme est venu, mangeant et conversant avec les hommes, et on a dit encore: « C'est un démoniaque*. » Entreprenez de contenter ces esprits mal faits. Voulez-vous voir, messieurs, un désir opiniâtre de le contredire? Quand il ne se dit pas le Fils de Dieu, ils le pressent violemment pour le dire : Situ es Christus. die nobis palam^ : [« Si vous êtes le « Christ, dites-le-nous clairement:]» et après qu'il le leur a dit, ils prennent des pierres pour le lapider {a)^. Malice obstinée, qui, étant convaincue, ne veut pas se rendre. — Il est vrai, * nous ne pouvons le nier (^), il chasse les malins esprits; mais « c'est au nom de Béelzébub, qui enestleprince^» — Une humeur® fâcheuse et contrariante,

Var. (a) L'en accabler. — {b) Il est vrai^ il chasse,

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