Maith., xxvii, 17. Joan., xviii
i46 SUR L'HONNEUR DU MONDE.
« Ions point de celui-ci, mais donnez-nous Barabbas ' : » « Qu'on l'ôte, qu'on le crucilie, » nous voirions qu'on délivre le meurtrier, et qu'on mette à mort ^ auteur de la vie!
Après cela, mes frères, entendrons-nous encore des chrétiens nous battre incessamment les oreilles par cette belle raison : Que dira le m(mde, que deviendra ma réputation (a)? On me méprisera, si je ne me venge; je veux soutenir mon honneur, il m'est plus cher que mes biens, il m'est plus cher même que ma vie. Tous ces beaux raisonnements, par lesquels vous croyez pallier vos crimes, ne sont que de vaines subtilités, et rien ne nous est plus aisé que de les détruire ; mais je ne daigne rais seulement les écouter. Venez, venez les dire au Fil de Dieu crucifié; venez vanter votre honneur du monde à la face de ce Dieu rassasié, soûlé d'opprobres; osez lui soutenir qu'il a tort d'avoir pris si peu de soin de plaire aux hommes, ou qu'il a été bien malheureux de n'avoir pu mériter leur approbation ! C'est ce que nous avons à dire aux idolâtres de l'honneur du monde : et si l'image de Jésus-Christ attaché à un bois infâme ne persuade pas leur orgueil, taisons-nous, taisons-nous, et n'espérons jamais de pouvoir persuader par nos discours ceux qui auront méprisé un si grand exemple. Que si nous croyons en Jésus-Christ, « sortons, sortons avec lui, portant sur « nous-mêmes son opprobre : » Exeamus igitur cum illo extra castra improperium [ejus portantes'^.'] Si le monde nous le refuse, donnons-nous-le^ à nous-mêmes; reprochons-nous à nous-mêmes nos dérèglements et la
Vah. (a) Mon honneur.