‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 259 sur 460 · Joan VI, S · texte numérisé non relu

Joan VI, S

ainsi nous ne remarquons que nous ayons bien écouté sa sainte parole qu'en vivant de telle manière qu'il paraisse qu'un Dieu nous enseigne. Car il s'élève souvent dans le cœur certaines imitations des sentiments véritables par lesquelles un homme se trompe lui-même ; si bien qu'il n'en faut pas croire certaines ferveurs, ni quelques désirs imparfaits; et alin de bien reconnaître si l'on est touché véritablement , il ne faut interroger que ses œuvres ; Operibus crédite ' .

Jai observé à ce propos qu'un des plus illustres prédisateurs, et sans contredit le plus éloquent qui ait jamais enseigné l'Église, je veux dire saint Jean Chrysostome^ reproche souvent à ses auditeurs qu'ils écoutent les discours ecclésiastiques (a) de même que si (h) c'était une comédie. Comme je rencontrais (c) souvent ce reproche dans ses divines prédications, j'ai voulu rechercher attentivement quel pouvait être le fond de cette pensée, et voici ce qu'il m'a semblé : c'est qu'il y a des spectacles qui n'ont pour objet que le divertissement de l'esprit, mais qui n'excitent pas les affections, qui ne remuent pas les ressorts du cœur. Mais il n'en est pas de la sorte de ces représentations animées qu'on donne sur les théâtres : [elles] sont^ dangereuses en ce point qu'elles ne plaisent point si elles n'émeuvent, si elles n'intéressent le spectateur, si elles ne lui font jouer aussi son personnage, sans monter sur le théâtre et sans être de la tragédie^ {d\. C'est en quoi (e)^ ces spectacles sont à craindre, parce que le

Var. (a) La prédication. — {b) Comme si. — (c) J'ai lu. — \dj hans être de l'action et sans monter sur le théâtre. — (e) C'est pouniuol.

1. Joan,, X, 38. La traduclion du lexie, suppléée par Déiorio est tout à fait inutile en cet endroit.

'2, De Sacerd., lib. V, n. 1.

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