‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 279 sur 460 · Ed. : de se laisser aller, à. l's., xxxvi · texte numérisé non relu

Ed. : de se laisser aller, à. l's., xxxvi

fait contre Dieu; et pendant qu'il pense détruire la loi, il se trouve qu'il n'a de force que contre son âme {a)K

SECOND POINT

C'est un effet admirable de la Providence qui régit le monde, que toutes les créatures vivantes et inanimées portent leur loi en elles-mêmes. Et le ciel, et le soleil, et les astres, et les éléments, et les animaux, et enfin toutes les parties de cet univers ont reçu leurs lois particulières, qui ayant toutes leurs secrets rapports avec cette loi éternelle qui réside dans le créateur, font que tout marche en concours et en unité suivant l'ordre immuable de sa sagesse. S'il est ainsi, chrétiens, que toute la nature ait sa loi, l'homme a dû aussi recevoir la sienne, mais avec cette différence que les autres créatures du monde visible l'ont reçue sans la connaître, au lieu qu'elle a été inspirée à l'homme dans un esprit raisonnable et intelligent, comme dans un globe de lumière dans lequel il la voit briller elle-même avec un éclat encore plus vif que le sien, afin que la voyant il l'aime, et que l'aimant il la suive par un mouvement volontaire.

Var. (a) Contre soi-même. Voyez, à la suite do discours, le Complément des Variantes.

1. Ed. : Mais revenons à mon sujet... quel est le progrès d'un si grand mal. Trois pages dont on trouvera la meilleure partie à la suite de ce discours {Complément des Variantes) et le reste dans le corps du discours suivant.

2. Ms., f. 42-50 (paginés par Bossuet : i-xviii. Cf. les renvois dn sommaire autographe. Ce deuxième point, qui appartient au premier discours, a été mal à propos rapporté au second. (Déf., t. V, p. 5i5- 523 ; Vers., XIII. 64; Viv., IX, 422).

C'est en cette sorte, âmes saintes \ que nous portons en nous-mêmes et la loi de l'équité naturelle, et la loi de la justice chrétienne. La première nous est donnée avec la raison en naissant dans cet ancien monde, selon cette parole de l'Évangile, que « Dieu illumine tout homme venant au monde ^; » et la seconde nous est inspirée avec la foi, qui est la raison du chrétien, en renaissant dans l'Église qui est le monde nouveau; et c'est pourquoi le baptême s'appelait dans l'ancienne Église le mystère d'illumination, qui est un phrase apostolique tirée de la divine épître aux Hébreux^. Ces lois ne sont autre chose qu'un extrait fidèle (a) de la vérité primitive, qui réside dans l'esprit de Dieu; et c'est pourquoi nous pouvons dire sans crainte que la vérité est en nous. Mais si nous ne l'avons pas épargnée dans le sein même de Dieu, il ne faut pas s'étonner que nous la combattions en nos consciences. Avec quel elfet* chrétiens? Il vous sera utile de le bien entendre; et c'est pourquoi je tâcherai de vous l'expliquer.

Je vous ai dit, dans le premier point, qu'en vain les pécheurs attaquaient en Dieu cette vérité originale; ils se perdent tout seuls, elle n'est ni corrompue ni diminuée. Mais il n'en est pas de la sorte de cette vérité inhérente en nous. Car comme nous la touchons de plus près et que nous pouvons pour ain.si dire mettre nos mains dessus, nous pouvons aussi pour notre malheur la mutiler et la cor-

Var. (a) Cette loi est un extrait.

1. Cf. p. 292. Cette aiipollalion seule suffirait pour montrer auquel de» discours appartenait ce second point. L'autre est adressé à la cour ; c'est le premier seulement qui a été prêché dans un couvent de femmes.

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