Bossuet répète ce qu'on pense et ce qu'on dit
5. Ed. : Nous éloignons ces dures maximes, etc. Voyez plus bas.
6. Addition marginale que je crois remettre à sa véritable place. Les quatre lignes qui suivent sont le développement de ce que Bossuet disait d'abord d'une façon plus générale de « ces lois austères. » Puis il reprend : « Nous éloignons ces dure» maximes... »
en nous cette règle de vérité, qui est si profondément empreinte en nos âmes; et quelque petit rayon qui nous en demeure, c'est assez pour convaincre nos mauvaises mœurs et notre vie licencieuse. Cette pensée nous chagrine : mais notre amour-propre s'avance à propos pour nousôter cette inquiétude; il nous présente un fard agréable, il donne de fausses couleurs à nos intenti(ms, il dore si bien nos vices que nous les prenons pour des vertus.
Voilà , chrétiens ^ , les deux manières par lesquelles nous falsifions et l'Évangile et nous-mêmes; nous craignons de le découvrir en sa vérité et de nous voir nous-raêmes tels que nous sommes. Nous ne pouvons nous résoudre à nous accorder avec l'Évangile par une conduite réglée; nous tâchons d^nous approcher en déguisant l'un et l'autre, en faisant- de lÉvangile un assemblage monstrueux de vrai et de faux, et de nous-mêmes un personnage de théâtre qui n'a que des actions empruntées et à qui rien ne convient moins que ce qu'il paraît.
Et, en effet, chrétiens, lorsque nous formons tant de doutes et tant d'incidents, que nous réduisons l'Évangile et la doctrine des moeurs à tant de questions artificieuses, que faisons-nous autre chose, sinon de chercher des déguisements? et que serA^ent tant de questions, sinon à nous faire perdre parmi des détours infinis la trace toute droite de la vérité ? Ne faisons ici la guerre à personne^ sinon à nous-mêmes et à nos vices; mais disons hautement dans cette chaire que ces pécheurs subtils et ingénieux, qui tournent l'Évangile de tant de côtés, qui trouvent des raisons de douter sur l'exécution de tous les préceptes, qui fatiguent les casuistes par leurs consultations infinies, ne travaillent ordinai»