Act., XVII
4.Ms.,f. 41 (p. 11 et 12). La première page, qui reproduit, avec quelques changements, le début du second point du discours précédent, est inédite.
r34 SUR LA HAINE DE LA VÉRITÉ.
parties de ce grand monde ont reçu leurs lois particulières qui, ayant toutes leurs secrets rapports avec la loi éternelle qui réside dans le Créateur, font que tout marche en concours et en unité, suivant l'ordre qui est prescrit par sa sagesse. Que s'il est ainsi, chrétiens, que toute la nature ait sa loi, l'homme a dû aussi recevoir la sienne, mais avec cette différence que les autres créatures du monde visible l'ont reçue sans la connaître, au lieu qu'elle a été inspirée (a) à l'homme dans un esprit raisonnable et intelligent, [comme dans un globe de lumière] \ où il la voit luire avec un éclat qui surpasse de beaucoup le sien, afin que, la voyant, il l'aime, et et que, l'aimant, il la suive par un mouvement volontaire.
C'est en cette sorte, messieurs, que nous portons en nous-mêmes et la loi de l'équité naturelle, et la loi de la justice chrétienne. La première nous est donnée avec la raison, en naissant au monde ^ selon cette parole de l'Évangile que « Dieu illumine tout homme venant au monde; » et la seconde nous est inspirée avec la foi, qui est la raison des chrétiens, en renaissant dans l'Église, qui est le monde nouveau, et c'est pourquoi le baptême est appelé par l'Apôtre et par toute l'antiquité, le mystère d'illumination 3, parce que nous y recevons dans nos cœurs, avec la foi habituelle (6), les lumières de la vérité, qui sont nécessaires * pour notre conduite. Ainsi nous pouvons dire avec certitude que la vérité est en nous; mais si nous ne l'avons pas épargnée en Dieu, qui en est l'ori-
Var. (a) Donnée.— (6) Avec l'habitude.