‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 313 sur 460 · Hebr., vi · texte numérisé non relu

Hebr., vi

4. Cherchez la suite dans le manuscrit, f. 24 [p. 13]. Cf. Déf., p. 498-499; Ver»., 41-42; Viv., 406-407.

ginal [à), il ne faut pas s'étonner que nous la violions {b] en nos cœurs, ni que nous tâchions creffacer les extraits que Dieu même en a imprimés au fond de nos consciences.

Or, il faut ici remarquer qu'il y a cette différence entre ces deux attentats que, dans l'effort que nous faisons contre Dieu et contre sa vérité, considérée en ellemême, nous nous perdons nous seuls, et que cette vérité primitive ^ demeure toujours ce qu'elle est, toujours entière et inviolable (c); mais il n'en est pas de la sorte delà (c?) vérité qui est inhérente en nous, laquelle étant à notre portée et pour ainsi dire sous nos mains , nous pouvons aussi pour notre malheur la corrompre et l'obscurcir, et même l'éteindre tout à fait. Alors qui pourrait penser dans quelles ténèbres et dans quelle horreur nous vivons! Non, le soleil éteint tout à coup ne jetlerait pas la nature étonnée dans un état plus horrible qu'est celui d'une âme malheureuse où la vérité est éteinte. Mais, mes frères, il nous faut entendre par quels degrés nous tombons dans cet abîme, et quel est le progrès d'un si grand mal.

La première atteinte^ que nous donnons à la vérité résidant en nous, c'est que (e) nous ne rentrons point en nous-mêmes pour faire réflexion sur la connaissance qu'elle nous inspire (/); d'où s'ensuit ce malheur extrême, qu'elle n'éclaire non plus notre esprit que si nousl'igno-

Var. (a) Le premier principe. — {b) Combattions. — (c) Iîi corruptible. — (rf) De celle vérité. — (e) Nous n'y faisons pas de réHexions. •— (/) Donne.

1. Ed. : et originale. Le mot, écrit en marge, a été repris pl-.is haut dans une correction.

2. Ms.,f. 25 (p. 15). Ed.: DeuxiCmc point (du premier seinioii}. Déf., p. 499; Vers., 42; Viv , 407.

rions tout à fait^ Nous plaignons, et avec raison, tant de peuples infidèles qui ne connaissent pas la vérité; mais je necrains point de voussoutenirquenousn'en sommes pas plus [avancés] pour en avoir la connaissance : car il est très-indubitable (a)^ que notre âme n'est illuminée que parla réflexion; nous [1'] éprouvons tous les jours. Ce n'est pas assez de savoir les choses et de les avoir cachées dans la mémoire ; si elles ne sont [pas] présentes (b) à l'esprit, la connaissance lui en est inutile et ne dissipe point ses ténèbres^. Si les vérités de pratique ne sont souvent remuées, souvent amenées à notre vue, elles perdent l'habitude de se présenter, et cessent par conséquent d'éclairer : nous marchons (c) également dans l'obscurité, soit que la lumière disparaisse , soit que nous fermions les yeux. Ainsi comme enchantés par nos plaisirs ou détournés par nos atfaires, nous négligeons de rappeler en notre mémoire les vérités du salut; la foi est en nous inutilement; toutes ses lumières se perdent, parce qu'elles ne trouvent pas les yeux ouverts ni les esprits attentifs * : Lumen oculorum meorum [et ipsum non est 7necum^ « Ldi lumière même de mes yeux n'est plus avec moi, dit David; »] ce n'est pas une lumière étrangère, c'est la lumière de ses

Var. (a) Et certes il est véritable. — (6) Il faut qu'elles soient présenles à l'esprit, autrement la connaissance lui en est inutile et nous n'en demeurons pas moins dans les l(L'ièbre8. — (c) Nous sommes.

1. Viv. : Quatre lignes données en noies. Déf., Vers. : Et nonrogavimus faciem tuam, Domine Deus noster, ut reverteremur ab iniquitalibus nostris et corjitaremus veritatem tuam. [Dan., ix, 13. « Et nous ne nous sommes point présentés, etc.]. Repris sur la marge d'une première rédaction barrée.

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