Ed. : comprendre
?53 rOUR LA PURIFICATION DE LA S. VIERGE.
Comment une telle mort n'est-elle pas capable de nous en rayer ?
Mais voici ce qui nous abuse. Quoique le péché soit le plus grand mal, la mort toutefois nous répugne plus, parce qu'elle est la peine forcée de notre dépravation volontaire. Car c'est, dit saint Augustin, un ordre immuable de la justice divine que le mal que nous choisissons soit puni par un mal ((ue nous haïssons : de sorte que c'a été une loi très-juste, qu'étant allés au péché par notre choix, la mort nous suivît contre notre gré, et que « notre âme ayant bien voulu abandonner Dieu, par (' une juste punition, elle ait été contrainte de quitter « son corps : » Spiritus, quia volens deseruit Deum, deserat corpus invitus^. Ainsi en consentant au péché, nous nous sommes assujettis à la mort: parce que nous avons choisi le premier pour notre roi, l'autre est devenue notre tyran. Je veux dire qu'ayant rendu au péché une obéissance volontaire, comme à un prince légitime, nous sommes contraints de gémir sous les dures lois de la mort, comme d'un violent usurpateur : et c'est ce qui nous impose. La mort, qui n'est que l'effet, nous semble terrible, parce qu'elle domine par force; et le péché, qui est la cause, nous paraît aimable, parce qu'il ne régne que par notre choix : au lieu qu'il fallait entendre, par le mal que nous souffrons malgré nous, combien est grand celui que nous avons commis volontairement^.
Vous reconnaissez, chrétiens, l'extrémité de la maladie [a], et il est temps mainteni nt de considérer le remède. 0 remède vraiment efficac^- et cure vraiment heu-
Var. [a) Quelle est notre maladie.