Viv. : à
3. Ed. : une ombre, [un\ ianuhnc, i. Viv. : en nous raciliasaiit à, b. Ed. : n'en cherchons point.
changement, que « l'homme, qui devait être spirituel « même dans la chair, devient tout charnel même dans
(( l'esprit : » Qui futurus fueraO et iam carne spiritalis,
factus est etiam mente carnalis ^.
Méditons un peu cette vérité, et confondons-nous devant notre Dieu dans la connaissance de nos faiblesses. Oui, créature chérie, homme que Dieu a fait à sa ressemblance, tu devais être spirituel même dans le corps, parce que ce corps que Dieu t'a donné devait être régi par l'esprit : et qui ne sait que celui qui est régi participe en quelque sorte à la qualité du principe qui le meut et qui le gouverne, par l'impression qu'il en reçoit? Mais, ô changement déplorable 1 la chair a pris le régime^ et l'âme est devenue toute corporelle. Car qui ne voit par expérience que la raison, ministre des sens et appliquée tout entière à les servir, emploie toute son industrie à raffiner leur goût, à irriter leur appétit, à leur assaisonner leurs objets, et ne se peut déprendre elle-même de ces pensées sensuelles?
Ce n'est pas que nous ne fassions {a) quelques efforts, et qu'il n'y ait de certains moments dans lesquels, à la faveur d'un léger dégoût, il nous semble que nous allons rompre avec les plaisirs. Mais disons ici la vérité : nous ne rompons pas de bonne foi. Apprenons, messieurs, à nous connaître. Il est de certains dégoûts qui naissent d'attache profonde; il est de certains dégoûts qui ne vont pas à rejeter les viandes, mais à les demander mieux préparées. 0 raison, tu crois être libre dans ces. petits moments de relâche (ô), où il semble que la pas-
Var. (o) Il est vrai, nous faisons. — (6) Intervalles.