‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 348 sur 460 · Maith., VII · texte numérisé non relu

Maith., VII

même dans l'usage de ce qui est permis? — N'en doutons pas, chrétiens : quiconque a les yeux ouverts pour en tendre la force de cet oracle prononcé par le Fils de Dieu : « Nul ne peut servir deux maîtres^, » il pourra aisément comprendre qu'à quelque bien que le cœur s'attache, soit qu'il soit défendu, soit qu'il soit permis, s'il s'y donne tout entier, il n'est plus à Dieu ; et ainsi qu'il peut y avoir des attachements damnables à des choses qui de leur nature seraient innocentes. S'il est ainsi, chrétiens (et qui peut douter qu'il ne soit ainsi, après que la Vérité nous en assure?), ô grands 1 ô riches du siècle, que votre condition me fait peur, et que j'appréhende pour vous ces crimes cachés et délicats qui ne se distinguent point par les objets, qui ne dépendent que du secret mouvement du cœur et d'un attachement presque imperceptible ! Mais tout le monde n'entend pas cette parole; passons outre, chrétiens; et puisque les hommes du monde ne comprennent pas cette vérité, tâchons de leur faire voir le triste état de leur âme par une chute plus apparente.

Et certes il est impossible qu'en prenant si peu de soin de se retenir dans les choses qui sont permises, ils ne s emportent bientôt jusqu'à ne craindre plus de poursuivre celles qui sont ouvertement défendues. Car, chrétiens, qui ne le sait pas? qui ne le sent par expérience? notre esprit n'est pas fait de sorte qu'il puisse facilement se donner des bornes. Job l'avait bien connu [à] par expérience : Pepigi fœdus cum oculis meis^ : « J'ai fait un « pacte avec mes yeux, de ne penser à aucune beauté « mortelle. » Voyez qu'il règle la vue pour arrêter la pensée. Il réprime des regards qui pourraient être inno-

Var. (a) Le connaissait.

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