Ed. : par
2. Dans le sens de « nous faire du bien, » conmie en lutin : Nobis beue faccre.
rien de plus naturel que cette inclination de nous enrichir par la profusion de ses grâces? Comme une source envoie ses eaux naturellement, comme le soleil naturellement répand ses rayons, ainsi Dieu naturellement fait du bien : étant bon, abondant, plein de richesse infinie^ par sa condition naturelle, il doit être aussi, par nature, bienfaisant, libéral, magnilique. Quand il te punit, ô impie, la raison n'en est pas en lui-même; il ne veut pas que personne périsse : c'est ta malice, c'est ton ingratitude qui attire son indignation sur ta tête. Au contraire, si nous voulons l'exciter à nous faire du bien, il n'est pas nécessaire de chercher bien loin des motifs : sa propre bonté, sa nature, d'elle-même si bienfaisante, lui est un motif très-pressant, et une raison intime qui ne le quitte jamais. C'est pourquoi Tertullian dit fort à propos , que « la bonté est la première, parce qu'elle est « selon la nature : » Pinor bonitaSy secundum naturam; « et que la sévérité suit après, parce qu'il lui faut une € cause ; » S everitas posterior, secundum causam^; comme s'il disait : A la munificence divine, il ne lui faut point de raison, si on peut parler de la sorte; c'est la propre nature de Dieu. Il n'y a que la justice qui va chercher des causes et des raisons : encore ne les cherche [-t-Jelle pas, nous les lui donnons: c'est nous qui fournissons par nos crimes la matière à sa juste vengeance. Par conséquent, comme dit très-bien le même Tertullian, « ce « que Dieu est bon, c'est du sien et de son propre fonds; « ce qu'il est juste, c'est du nôtre : » De suo optimus, de nostro justus^. L'exercice de la bonté lui est souverainement volontaire; celui de la justice, forcé : celui-là pro-
1. Ed. : richesses infinies. Le singulier est plus logique : la richesse (le Dieu ne se divise pas.
2. Advers.Murciiifn.,\\,\ I. Bossuelainlerverti lesdeuxpremiersmots,