De Ilesnrr, carti., li
cède entièrement du dedans; celui-ci, d'une cause étrangère. Or, il est évident que ce qui est naturel, intérieur, volontaire, précède toujours ce qui est étranger et contraint. Il est donc vrai, ce que j'ai touché dès l'entrée de ce discours, ce que je viens de prouver par les raisons de Tertullian, que, « dans l'origine des choses, Dieu n'a pu « faire paraître que de la bonté ; » Deus a primordio'^ tantum bonus.
Passons outre maintenant, et disons : Le Sauveur Jésus, chrétiens, notre amour et notre espérance, notre pontife, notre avocat, notre intercesseur, qu'est-il venu faire au monde? qu'est-ce que nous en apprend le grand apôtre saint Paul ^? N'enseigne-t-il pas qu'il est venu pour renouveler toutes choses en sa personne, pour ramener tout à la première origine, pour reprendre les premières traces de Dieu son Père , et réformer toutes les créatures selon le premier plan, la première idée de ce grand ouvrier? C'est la doctrine de saint Paul en une infinité d'endroits de ses divines Épîtres ; et partant, n'en doutons pas, le Fils de Dieu est venu sur la terre revêtu de ces premiers sentiments de son Père : c'est-àdire, ainsi que je l'ai exposé tout à l'heure, de clémence, de bonté, de charité infinie. C'est pourquoi, nous expliquant le sujet de sa mission en saint Jean, chapitre III ^ : « Dieu n'a pas envoyé son Fils au monde , « dit-il S afin de juger le monde; mais afin de sauver « le monde. »
Mais n'a-t-il pas assuré , direz-vous , que son Père « avait remis tout son jugement en ses mains ^? » et ses