‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 350 sur 460 · hb.'.arrûte. Correclion do B ssuel elîacée après coup · texte numérisé non relu

hb.'.arrûte. Correclion do B ssuel elîacée après coup

SUR L'IMPENITENCE FINALE. 387

un peu de temps les atteintes les plus vives de la convoitise, je confesse qu'il est facile de jouer par crainte le personnage d'un pénitent. Le cœur a des mouvements artificiels qui se font et se défont en un moment : mais ses mouvements véritables ne se produisent pas de la sorte. Non, non, ni un nouvel homme ne se forme pas en un instant, ni ces affections vicieuses si intimement (a) attachées ne s'arrachent pas par un seul effort ; car quelle puissance {by a la mort, quelle grâce extraordinaire, pour opérer tout à coup un changement si miraculeux? Peut-être que vous penserez que la mort nous enlève tout, et qu'on se résout aisément (c) de se détacher de ce qu'on va perdre. Ne vous trompez pas, chrétiens; plutôt il faut craindre un effet contraire : car c'est le naturel du cœur humain de redoubler ses efforts pour retenir le bien qu'on lui ôte. Considérez ce roi d'Amalec, tendre et délicat, qui, se voyant proche de la mort, s'écrie avec tant de larmes : Siccine séparât amara mors ^? « Est-ce ainsi que la mort amère sépare les choses?» Il pensait et à sa gloire et à ses plaisirs; et vous voyez comme à la vue de la mort, qui lui enlève son bien, toutes ses passions émues et s'irritent et se réveillent. Ainsi la séparation augmente l'attache d'une manière plus obscure et plus confuse, mais aussi plus profonde et plus intime; et ce regret amer d'abandonner tout, ?'il avait la liberté de s'expliquer, on verrait qu'il confirme par un dernier acte tout ce qui s'est passé dans la vie, bien loin de le rétracter. C'est, messieurs, ce qui me fait craindre que ces belles conversions des mourants

Var. (a) Si fortement. — (b) Quelle grâce. — (c) Et qu'il est aisé.

Page 1