‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 361 sur 460 · Exod,. m · texte numérisé non relu

Exod,. m

CUR L'IMPENITENCE FINALE. 399

rence, on tâche de vivre à son aise, dans une souveraine tranquillité des fléaux qui affligent le genre humain.

Ah! Dieu est juste et équitable. Vous y viendrez vousmême, riche impitoyable, aux jours de besoin et d'angoisse. Ne croyez pas que je vous menace du changement de votre fortune : l'événement en estcasuel; mais ce que je veux dire n'est pas douteux. Elle viendra au jour destiné, cette dernière maladie, oii, parmi un nombre infini d'amis, de médecins et de serviteurs, vous demeurerez sans secours, plus délaissé, plus abandonné que ce pau vrequi meurt sur la paille et qui n'a pas un drap poui sa sépulture. Car, en cette fatale maladie, que serviroiiî ces amis, qu'à vous affliger parleur présence; ces médecins, qu'à vous tourmenter; ces serviteurs, qu'à couïir deçà et delà dans votre maison avec un empressemeri-t inutile? Il vous faut d'autres amis, d'autres serviteur« : ces pauvres que vous avez méprisés sont les seuls qm seraient capables de vous secourir. Que n'avez-vous pensi'î de bonne heure à vous faire de tels amis, qui maintenant vous tendraient les bras, afin devons recevoir dans les tabernacles éternels? Ah! si vous aviez soulagé leurs maux, si vous aviez eu pitié de leur désespoir, si voos aviez seulement écouté leurs plaintes, vos miséricordes.--^ j prieraient Dieu pour vous : ils vous auraient donné les bénédictions (by, lorsque vous les auriez consolés dau^^-I^ar amertume, qui feraient maintenant distiller sur 7(ius une rosée rafraîchissante; leurs côtés (c) revêtus, fiîit le saint prophète, leurs entrailles rafraîchies, leur iaini rassasiée, vous auraient béni"; leurs saints anges Vsii'î'e-

Var. (a) Vos aumônes. — {b) Les bénédictions qu'ils vous — ;';{r;ii6raient — auraient données. — {c) Leurs corps.

1. Déf. Vers. : les bénédictions qu'ils vous auraient données. Viv. î leurs côtés revêtus.

2. Viv. : et les bénédictions qu'ils vous auraient données. \oy r;Ius liaut.

raient autour de votre lit comme des amis officieux ; et ces médecins spirituels consulteraient entre eux nuit et jour pour vous trouver des remèdes. Mais vous avez aliéné leur esprit, et le prophète Jérémie me les représente vous condamnant eux-mêmes sans miséricorde.

Voici, messieurs, un grand spectacle : venez considérer les saints anges dans la chambre d'un mauvais riche mourant. Oui, pendant que les médecins consultent l'état de sa maladie et que sa famille tremblante attend îe résultat de la conférence, ces médecins invisibles consultent d'un mal bien plus dangereux : Curavimus Babyionem, et non est sanata'^ : Nous avons soigné cette Baby- (( lone, et elle ne s'est point guérie; » nous avons traité diligemment ce riche cruel : que d'huiles ramollissantes, que de douces fomentations nous avons mises sur ce cœur ! Et il ne s'est pas amolli, et sa dureté ne s'est pas fléchie; tout a réussi contre nos pensées, et le malade r-.'est empiré parmi nos remèdes. «Laissons-le là, disentils, retournons à notre patrie, d'où nous étions descendus pour son secours : » Derelinquamus eum, et eamus unusquisque in terrain suam^. Ne voyez- vous pas sur son iront le caractère d'un réprouvé? La dureté de son cœur a endurci contre lui le cœur de Dieu ; les pauvres l'ont déféré à son tribunal ; son procès lui est fait au ciel ; et quoiqu'il ait fait largesse en mourant des biens qu'il ne pouvait plus retenir, le ciel est de fer à ses prières (o), et il n'y a plus pour lui de miséricorde : Pervenit usque ad cœtos judicium ejus ^.

Considérez, chrétiens, si vous voulez mourir dans cet

VAru (a) Pour lui. — Pour son âme.

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