‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 362 sur 460 · lôid, Ms. : judicium ejus ad cœlot · texte numérisé non relu

lôid, Ms. : judicium ejus ad cœlot

SUR L'IMPENITENCE FINALE. 401

abandon; et si cet état vous fait horreur, pour éviter les cris de reproche que feront contre vous les pauvres, écoutez les cris de la misère. Ah! le cieP n'est pas encore fléchi sur nos crimes. Dieu semblait s'être apaisé en donnant la paix à son peuple; mais nos péchés continuels ont rallumé sa juste fureur; il nous a donné la paix^, et luimême nous fait la guerre^ : il a envoyé contre nous, pour punir notre ingratitude, la maladie, la mortalité, la disette extrême^ une intempérie étonnante, je ne sais quoi de déréglé dans toute la nature qui semble nous menacer de quelques suites funestes, si nous n'apaisons sa colère. Et dans les provinces éloignées, et même dans cette ville, au milieu de tant de plaisirs et de tant d'excès, une infinité de familles meurent de faim et de désespoir : vérité constante, publique, assurée. 0 calamité de nos jours ! quelle joie pouvons-nous avoir? faut-il que nous voyions de si grands malheurs? et ne nous semble-t-il pas qu'à chaque moment tant de cruelles [a) extrémités que nous savons, que nous entendons de toutes parts, nous reprochent devant Dieu et devant les hommes ce que nous donnons à nos sens, à notre curiosité, à notre luxe ? Qu'on ne demande plus maintenant jusqu'où va l'obligation d'assister les pauvres : la faim a tranché le doute, le désespoir a terminé la question; eL nous sommes réduits à ces cas extrêmes où tous les Pères et tous les théologiens nous enseignent, d'un commun accord, que si l'on n'aide le prochain selon son pouvoir, on est coupable de sa mort; on rendra compte à Dieu de son sang, de son âme, de tous les excès où la fureur de la faim et du désespoir le

Var. (a) Les dures extrémités,

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