L'année 16G2 fut une année de disette et de famine
précipite. Qui nous donnera que nous entendions le plaisir de donner la vie^? Qui nous donnera, chrétiens, que nos cœurs soient comblés de l'onction du Saint-Esprit, pour goûter ce plaisir sublime de soulager les misérables, de consoler Jésus-Christ qui souffre en eux, de faire reposer, dit le saint apôtre, leurs entrailles affamées? Viscera sanctorum requieverunt per te, frater^. Ah! que ce plaisir est saint ! ah ! que c'est un plaisir vraiment [royal] !
Sire, Votre Majesté aime ce plaisir; elle en a donné des marques sensibles, qui seront suivies de plus grands effets. C'est aux sujets à attendre, et c'est aux rois à agir ; eux-mêmes ne peuvent pas tout ce qu'ils veulent, mais ils rendront compte à Dieu de ce qu'ils peuvent». C'est tout ce qu'on peut dire à A^otre Majesté. H faut dire le reste à Dieu, et le prier humblement de découvrir à un si grand roi les moyens de contenter bientôt l'amour qu'il a pour ses peuples, de satisfaire à l'obligation de sa conscience, de mettre le comble à sa gloire, et de poser l'appui le plus nécessaire de son salut éternel.
COMPLÉMENT DES VARIANTES
C'est de là que sortent' ces péchés régnants, qui ne se contentent pas qu'on les souffre, ni même qu'on les excuse,
1. Ms. : de donner la vie, etc. Ah! c'est là véritablement un plaisir royal. Puis, Bossuet revient sur ceUe esquisse et continue son développement.