Tertuîl. ad Xat
3. En marge, ce verset que Déforis insère dans le texte et traduit : [ o Vous avez dit : Je régnerai éternellement. Vous n'avez point fait de réflexion sur tout ceci , et vous ne vous êtes point représenté ce qui devait arriver un jour. »] Dixisti : Ir sempiternum ero domina, yon posuisti hxc super cor tuum, neque '^ecordata es yiovissimi tut. Isa., XLvri, 7.
404 SUR L'IMPENITENCE FINALE.
mère de tous les excès. Ces pécheurs hardis et superbes ne se contentent plus de penser le mal, ils s'en vantent, ils s'en glorifient, cogitavei'unt et locuti sunt nequitiamy iniquiiatem in excelso locuti switK Remarquez ces paroles : in exceho, à découvert, en public, devant tout le monde. Parce qu'ils ont oublié Dieu, ils croient que Dieu les oublie, et qu'il dort aussi bien qu'eux : Dixit enim in corde suo : Oblitus est Deus 2. L'inpunité leur fait tout oser ; ils ne pensent ni au jugement, ni à la mort, de sorte qu'elle vient (a) 3, toujours imprévue, finir l'enchaînement des crimes, pour commencer celui des supplices.
Car de croire que sans miracles l'on puisse en ce seul moment rompre * des liens si forts , changer des inclinations si profondes s, abattre d'un même coup ^ l'ouvrage de tant d'années, c'est une folie manifeste. Pendant que la maladie supprime pour un peu de temps...
Plutôt il fauf attendre un effet contraire. Considérez ce roi d'Amalec, tendre et délicat, qui, se voyant proche de la mort, s'écrie avec tant de larmes : Siccine séparât a7nara mors ^. « Est-ce ainsi que la mort amére sépare les choses?» Est-ce ainsi qu'elle [me] sépare de mes plaisirs? etc. Voyez comme à la vue de la mort qui lui va enlever son bien, toutes ses passions émues et s'irritent et se réveillent. La séparation augmente l'attache, et ce regret amer d'abandonner tout, s'il avait la liberté de s'expHquer, on verrait qu'il confirme
Var. (a) Jusqu'à ce qu'elle vienne.
i. Ps. LXXII, 8.