Et., p. 89, 114. Cf. Fioquet, t. II, p
SUIl L'A.MBITIOX i
Jésus ergo, cum cognovissetquia veniuri essenfi ut râpèrent eum et facerent eum regem, subiit iterum in montem ipse solus.
Jésus ayant connu que tout le peuple viendrait pour l'enlever et le faire roi, s'enfuit à la moutagne tout seul.
Joan., Ti. 1 D.
Je reconnais Jésus-Christ 3 à cette fuite généreuse, qui lui fait chercher dans le désert un asile contre les honneurs qu'on lui prépare. Celui qui venait se charger d'opprobres devait éviter les grandeurshumaines;mon Sauveur ne connaît sur la terre aucune sorte d'exaltation que celle qui l'élève à sa croix; et comme il s'est avancé quand on eut résolu son supplice, il était de son esprit de prendre la fuite pendant qu'on lui destinait un trône.
Cette fuite soudaine et précipitée de Jésus-Christ dans une montagne déserte, oii il veut si peu être découvert, que rÉvangéliste remarque qu'il ne souffre personne en sa compagnie, ipse soIks, nous fait voir qu'il se sent pressé de quelque danger extraordinaire; et comme il est toutpuissant et ne peut rien craindre pour lui-même, nous devons conclure très-certainement, messieurs, que c'est pour nous qu'il appréhende.
Et* en effet, chrétiens, lorsqu'il frémit, dit saint Augustin ^ c'est qu'il est indigné contre nos péchés: lorsqu'il est troublé, dit le même Père, c'est qu'il est ému de nos maux : ainsi lorsqu'il craint et qu'il prend la fuite, c'est
1. Ms., t. XII, f. 314-329; D.'f., t. Y, p. 406-426 (Vers., XII, 620-643; Viv., IX, 316-333).