Tract. XLIX, in Joan., n
qu'il appréhende pour nos périls. Jésus-Christ voit dans [a] sa prescience en combien de périls extrêmes nous engage l'amour des grandeurs ; c'est pourquoi il fuit devant elles, pour nous obliger à les craindre; et nous montrant par cette fuite les terri blés tentations qui menacent les grandes fortunes, il nous apprend tout ensemble que le devoir essentiel du chrétien, c'est' de réprimer son ambition. Ce n'est pas une entreprise médiocre de prêcher cette vérité à la cour; et nous devons plus que jamais demander la grâce du Saint-Esprit par^ l'intercession [de Marie.]
[AVE
C'est vouloir en quelque sorte^ déserter la cour que de combattre l'ambition, qui est l'âme de ceux qui la suivent; et il pourrait même sembler que c'est ravaler [b] quelque chose de la majesté des princes que de décrier les présents de la fortune dont ils sont les dispensateurs. Mais les souverains pieux veulent bien que toute leur gloire s'efface en présence de celle de Dieu; et bien loin de s'offenser que l'on diminue leur puissance dans cette vue, ils savent qu'on ne les révère jamais plus profondément que lorsqu'on ne les rabaisse qu'en les comparant avec Dieu. Ne craignons donc pas aujourd'hui de publier hardiment dans la cour la plus auguste du monde qu'elle ne peut rien faire pour des chrétiens qui soit digne de leur estime; détrompons, s'il se peut, les hommes de cette attache furieuse à ce qui s'appelle fortune, et pour cela faisons deux choses : faisons parler l'Évangile contre
Var. (a) En. — {b) Diminuer.