Viv. : du Saint-Esprit en
3. Ms., f. 315 : seconde rédaction. M. Lâchât donne la première (Cf. Var. B); Déforis et les éditeurs de Versailles mêlent les deux. J'ai dû renoncer à indiquer toutes les dilîérences des trois textes.
la fortune, faisons parler la fortune contre elle-même ; que l'Évangile nous découvre ses illusions, elle-même nous fera voir ses inconstances. Ou plutôt voyons l'un et l'autre dans l'histoire du Fils de Dieu.
Pendant que tous les peuples courent à lui et que leurs acclamations ne lui promettent rien moins qu'un trône, cependant il méprise tellement toute cette vaine grandeur qu'il déshonore et flétrit [a) son propre triomphe par son triste et misérable équipage. Mais ayant foulé aux pieds la grandeur dans son éclat (ô), il veut être lui-même l'exemple de l'inconstance des choses humaines, et dans l'espace de trois jours on a vu la haine publique attacher à une croix celui que la faveur publique avait jugé digne du trône. Par où nous devons apprendre que la fortune n'est rien, et que non-seulement quand elle ôte, mais même quand elle donne, non-seulement quand elle change, mais même quand elle demeure, elle est toujours méprisable. Je commence par [ses] faveurs, et je vous prie, messieurs, de le bien entendre.
PREMIER POINT
J'ai donc à faire voir [cY dans ce premier point que la fortune nous joue lors même qu'elle nous est libérale. Je pourrais mettre ses tromperies dans un grand jour, en prouvant^ comme il est aisé, qu'elle ne tient jamais ce qu'elle promet; mais c'est quelque chose de plus fort de montrer qu'elle ne donne pas, quand même elle fait semblant de donner. Son présent le plus cher, le plus pré-
Var. (û). Que lui-même il flétrit. — [b] La fortune dans ses faveurs et dans son éclat. — (c) Je ne m'élonne pas, chrétiens
{Var. A).