Ms., f
eieux, celui qui se prodigue le moins, c'est celui qu'elle nomme puissance, c'est celui-là qui enchante les ambitieux, c'est celui-là dont ils sont jaloux à l'extrémité (a),^ si petite que soit la part qu'elle leur en l'ait {b)^. Voyons donc si elle le donne véritablement, ou si ce n'est point uu grand nom par lequel elle éblouit nos yeux malades.
Pour cela il faut rechercher quelle puissance nous pouvons avoir, et de quelle puissance nous avons besoin durant cette vie. Mais comme l'esprit de l'homme s'est fort égaré dans cet examen (c), tâchons de le ramener à la droite voie par une excellente doctrine de saint Augustin dans^ le livre treizième de la Trinité.
Là ce grand homme pose pour principe une vérité importante, que la félicité demande deux choses [d) : pouvoir ce qu'on veut, vouloir ce qu'il faut : Posse quod velit^ vellequodoportet^. Le dernier [est] aussi nécessaire^ : car comme (e), si vous ne pouvez pas ce que vous voulez, votre volonté n'est pas satisfaite, de même, si vous ne voulez pas ce qu'il faut, votre volonté n'est pas réglée, et l'un et l'autre l'empêche d'être bienheureuse, parce que [si] la volonté qui n'est pas contente est pauvre, aussi la volonté qui n'est pas réglée est malade : ce qui exclut nécessairement la félicité qui n'est pas moins la santé
Var. (fl) Dont nous sommes le plus jaloux. — {b) Qu'elle nous en fasse. — (c) Dans cette recherche. — (d) Consiste en deux choses. — (e) Car si vous ne voulez pas...